Bordeaux: La filière viticole souhaite «une sortie de l'usage des pesticides»

ENVIRONNEMENT Le président du conseil interprofessionel du vin de Bordeaux a annoncé des engagements et des investissements de la filière pour une sortie progressive de l'utilisation de pesticides...

M.B.

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Illustration viticulture
Illustration viticulture — Jean-Philippe Ksiazek/afp.com

Il n'y a pas encore de calendrier, mais c'est une avancée. Le Comité interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), représentant de la filière viticole bordelaise, s'est positionné pour la première fois lundi pour « une sortie de l'usage des pesticides. »

La filière viticole bordelaise est sous la pression grandissante d'associations et de riverains, qui dénoncent les effets toxiques d'herbicides et fongicides de synthèse sur la santé et l'environnement.

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Assurant que le CIVB est engagé depuis plusieurs années sur une réflexion pour diminuer les traitements phytosanitaires, son président, Bernard Farges a estimé que « notre filière des vins de Bordeaux dans son intégralité a les mêmes attentes que les associations qui nous interpellent (...) La filière des vins de Bordeaux a pour objectif la diminution forte, voire la sortie de l'usage de pesticides », a-t-il déclaré.

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« Notre chemin pour y arriver peut être différent de celui réclamé par ces associations, toutefois l'objectif est commun », a-t-il assuré lors de l'assemblée générale du CIVB lundi. « Cet objectif, partagé par tous, ne sera pas atteint en opposant les modèles, qu'ils soient conventionnels, certifiés, bio, biodynamie. Les solutions seront diverses et complémentaires », a-t-il ajouté, citant notamment l'engagement de la filière en faveur de la recherche sur les « cépages résistants ou tolérants », permettant de limiter l'usage des produits phytosanitaires.

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Le président du CIVB n'a toutefois pas mentionné d'échéance: « Cet objectif ne sera pas atteint en quelques semaines, ni avec des mesures simplistes, mais bien avec des choix, des engagements, des investissements à court terme, à moyen terme, à long terme, de l'ensemble de la filière. » Il a notamment appelé les membres de la filière a être, « à court terme, exemplaires sur nos comportements près des lieux de vie. »

La préfecture de Gironde avait pris le 22 avril un arrêté qui renforce les mesures applicables aux abords des établissements scolaires prises en juin 2014, après que des enfants d'une école à Villeneuve-de-Blaye eurent été incommodés par des traitements de viticulteurs jouxtant leur établissement. Associations et riverains réclamaient que les vignes à proximité de lieux sensibles ne soient plus élevées qu'en agriculture biologique.

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La France est le second plus gros consommateur européen de pesticides derrière l'Espagne, le 9e à l'hectare. La Gironde est, elle, le plus grand département viticole de France et, si la viticulture ne représente que 3 % de la surface agricole en France, elle consomme 20 % des pesticides.