Gironde: Que sait-on 6 mois après l'accident de car de Puisseguin qui a fait 43 morts ?

ENQUETE Les investigations ont montré que le chauffeur du camion « n'était pas au téléphone » au moment de l'accident et « ne roulait pas à une vitesse excessive »...

E.P. avec AFP

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La carcasse du bus qui s'est embrasé dans la collision avec un camion, le 23 octobre 2015. / AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH
La carcasse du bus qui s'est embrasé dans la collision avec un camion, le 23 octobre 2015. / AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH — AFP

Six mois après le drame qui a coûté la vie à 43 personnes, l’enquête sur l’accident de Puisseguin, le plus meurtrier en France depuis 33 ans, tente toujours de déterminer les causes de la collision entre l’autocar et le camion.

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La collision mortelle s’était produite le 23 octobre 2015 à l’aube dans un virage d’une route secondaire du vignoble de Saint-Emilion. Sous le choc, le camion et l’autocar, qui transportait 49 personnes, essentiellement des retraités partis en excursion pour la journée, s’étaient immédiatement embrasés.

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Originaires de l’Orne, le conducteur du camion Cyril Aleixandre, 31 ans et son fils âgé de 3 ans qui voyageait avec lui, avaient aussi péri dans l’incendie. Seules huit personnes avaient survécu au dramatique accident, dont le chauffeur du car. Les réflexes de ce dernier avaient permis à plusieurs passagers de s’extirper du véhicule.

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Rapidement, l’enquête avait permis de déterminer qu’au moment de la collision le camion s’était « déporté sur la voie de gauche ». Elle avait également établi que l’embrasement soudain des véhicules avait été causé par une tige métallique qui se trouvait dans l’habitacle du camion. Elle avait éventré un réservoir additionnel de carburant, projetant du gasoil sous pression, lequel s’était enflammé.

Les causes du drame encore à éclaircir

Mais des questions sont toujours en suspens, notamment sur les causes initiales de la collision. CLe procureur de la République de Libourne, Christophe Auger, qui a ouvert le 16 novembre une information judiciaire contre X pour « homicides et blessures involontaires », n’a pas souhaité s’exprimer, invoquant le « secret de l’instruction », tandis que les expertises se poursuivent. Le Bureau enquête analyse (BEA) des transports terrestres poursuit également ses investigations.

Selon une source proche du dossier, il a été pour l’heure établi que le chauffeur du camion « n’était pas au téléphone » au moment de l’accident et « ne roulait pas à une vitesse excessive ». Aucun défaut mécanique sur les véhicules n’est par ailleurs avéré. Le chauffeur du car n’était pas non plus sous l’emprise de l’alcool ou d’une drogue.

Le collectif des familles de victimes, également partie civile, rencontrera à nouveau le procureur pour faire un point d’étape sur l’enquête le 28 avril.

Une stèle bientôt érigée à Puisseguin 

Selon le maire de Puisseguin, Xavier Sublett, une stèle en « pierre du pays » devrait prochainement être érigée, peut-être à l’occasion du premier anniversaire de la tragédie, sur l’aire de pique-nique du village, au pied de l’église. « C’est le lieu le plus proche de celui de la catastrophe, à environ 500 mètres, et le plus sécurisé pour qu’on puisse se recueillir », a-t-il expliqué.

L’accident routier de Puisseguin est le deuxième plus meurtrier en France après celui de Beaune (Côte-d’Or) en 1982, dans lequel avaient péri 53 personnes, pour la plupart des enfants.