Bordeaux: L'étude sur les boulevards préconise «un aménagement progressif»

CIRCULATION La rénovation des boulevards, longs de 12 kilomètres, devrait s'étaler sur dix à quinze ans...

Mickaël Bosredon

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Les boulevards de Bordeaux
Les boulevards de Bordeaux — M.BOSREDON/20MINUTES

Ce sera un chantier d’une ampleur « similaire à celui de la rénovation des quais », a annoncé lundi le président de Bordeaux Métropole Alain Juppé. « Pour les dix-quinze ans à venir. » La rénovation des boulevards de Bordeaux est l’une des priorités du maire de Bordeaux. Mais ce chantier s’étalera certainement au-delà de cette mandature qui s’achève en 2020 pour l’élu.

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Cet anneau de 12 kilomètres qui encercle le centre de Bordeaux, et qui voit passer 30.000 véhicules par jour, a été jusqu’ici « délaissé » par la municipalité, pointe l’opposition. Et le projet de rénovation, qui a fait l’objet d’une étude de la part de l’agence d’urbanisme Bordeaux-Métropole Aquitaine l’A’Urba, sera regardé à la loupe.

« Envisager une réduction relative et progressive de la place de la voiture »

Contacté par 20 Minutes, Jean-Marc Offner, directeur de l’A’Urba, explique que « la difficulté de ce projet est qu’il faut en refaire un véritable espace public, alors qu’il s’agit d’un axe majeur pour la mobilité et l’accessibilité de la métropole. C’est pourquoi nous penchons plutôt vers un aménagement progressif des boulevards, afin que la réduction, relative, de la place de la voiture, se fasse au fur et à mesure. On ne peut pas agir à cet endroit, comme on a agi sur les quais et l’hyper-centre. »

L’idée de diviser par deux la place de la voiture sur les boulevards, lancée à un moment par Alain Juppé, semblerait donc difficile à mettre en place. « Pas de manière contrainte en tout cas », insiste l’agence d’urbanisme, qui préconise de mettre en place des « outils » qui joueraient sur la « polyvalence de l’utilisation des espaces. »

Jean-Marc Offner prend ainsi l’exemple de Barcelone, où des couloirs de bus servent de stationnement pour les véhicules la nuit : « On n’a pas l’habitude de ce genre d’astuces en France, mais cela peut se mettre en place facilement. » Pour Nicolas Guenro, conseiller municipal PS, et spécialiste des questions de mobilité, il faut « absolument construire des parkings de proximité et des parkings relais tout le long des boulevards. »

Une piste cyclable oui, mais pas forcément sur toute la longueur des boulevards

La place faite au vélo sera regardée à la loupe par l’opposition. Nicolas Guenro estime qu’il est « très dangereux de circuler à vélo sur les boulevards. Il faut prévoir des pistes cyclables de chaque côté, et donc une requalification de façade à façade, ce qui préfigurera le futur réseau vélo express. Il est temps d’arrêter de penser le vélo comme un loisir, mais comme un vrai moyen de déplacement pour des trajets de 5 à 15 km. » L’association Vélo-Cité vient, elle, de lancer une pétition en ligne à l’adresse d’Alain Juppé, pour demander la prise en compte prioritaire de la place du vélo dans ce projet.

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Pour Jean-Marc Offner, la question de requalifier les boulevards sur « une épaisseur assez importante » est effectivement primordiale. Mais il rappelle que la largeur varie selon les tronçons de 15 à 34 mètres. « Il y aura sans doute des endroits où l’on pourra avoir le réseau express de vélo. Mais la piste cyclable pourra aussi sortir des boulevards, se poursuivre parallèlement pour s’y insérer à nouveau un peu plus loin. » L’A’Urba estime toute aussi importante la place qui sera faite aux piétons. « C’est cela qui permettra de retrouver un véritable espace public, de refaire fonctionner les commerces au niveau des barrières. »

Un tramway envisagé

La question des transports se pose également. Il est déjà envisagé d’y faire circuler un tramway. Dans un premier temps il s’agirait d’une ligne Gradignan-Talence-Bordeaux, qui serait ensuite connectée à un autre projet de tram, celui entre la place Cracovie, près de Ravezies, et Cenon. Cette ligne emprunterait partiellement le corridor des boulevards et le pont Chaban-Delmas, et pourrait transporter 66.000 voyageurs par jour (dont 20.000 nouveaux usagers). Son coût serait de l’ordre de 350 millions d’euros, auquel il faudrait rajouter 50 millions d’euros pour l’amélioration de la circulation des Lianes 2,4,5,11,15 et 16. La mise en service se ferait au-delà de 2020.

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« Il faut effectivement créer une ligne de transports circulaire, dans un réseau actuellement trop en étoile » analyse Nicolas Guenro. « Mais nous regrettons pour le moment une approche par petits morceaux. Cela crée de la rupture de charge, et on sait que c’est l’ennemi dans le monde du transport urbain. »