LGV Poitiers-Limoges: Le Conseil d'Etat annule la déclaration d'utilité publique

TRANSPORTS Le Conseil d'Etat a suivi l'avis du rapporteur public, et annulé la déclaration d'utilité publique pour ce projet. Le secrétaire d'Etat aux Transports prendra une décision sur l'avenir de cette ligne en mai...

M.B. avec AFP

— 

Illustration TGV à Bordeaux
Illustration TGV à Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes

Le Conseil d'État a annulé vendredi le décret datant de janvier 2015 déclarant d'utilité publique la ligne à grande vitesse (LGV) Poitiers-Limoges. Il invoque des « insuffisances » de l'évaluation économique et sociale, ainsi que des inconvénients qui « l'emportent » sur les avantages.

Le Conseil d'État, qui a suivi l'avis du rapporteur public, avait été saisi par plusieurs structures d'opposants à la LGV souhaitant au lieu de la LGV une modernisation de la ligne existante Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), pour laquelle État et SNCF vont déjà engager 1,5 milliard d'euros.

>> A lire aussi : LGV Poitiers-Limoges: Vers une annulation de la déclaration d'utilité publique

Dans un communiqué sur Twitter, le secrétaire d'État aux Transports, à la Mer et à la Pêche, Alain Vidalies, indique que « le gouvernement prend acte de la décision du Conseil d'État. » Le secrétaire d'Etat réunira le 3 mai « les élus concernés » et prendra alors une décision sur l'avenir du projet.

Un projet déjà épinglé par la cour des comptes

Les travaux de la LGV Poitiers-Limoges avaient été déclarés le 11 janvier 2015 d'utilité publique et urgents dans un décret paru au Journal officiel, signé du Premier ministre, Manuel Valls, et de la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal.

En octobre 2014, le projet de cette LGV de 115 km avait toutefois été épinglé par la Cour des comptes. Dans un rapport, les Sages avaient jugé le réseau français à grande vitesse « peu cohérent » et trop coûteux par rapport aux ressources disponibles. Ils doutaient, notamment, de la possibilité « d'assurer une rentabilité socio-économique même minimale à la LGV Poitiers-Limoges. »

« Les finances de la grande région auraient été plombés »

Huit recours au total avaient été déposés contre la déclaration d'utilité publique (DUP) par des opposants initialement marginaux, mais gagnant peu à peu en influence. Ils avaient notamment été galvanisés par l'annonce en décembre 2015 que la SNCF et l'État allaient engager 1,5 milliard d'euros pour sécuriser et moderniser la ligne POLT, parmi les plus anciennes de France. C'est sur cette ligne qu'un accident à Brétigny-sur-Orge (Essonne) avait fait sept morts en juillet 2013.

>> A lire aussi : LGV Bordeaux-Paris: Les 18,5 allers-retours quotidiens directs sont confirmés

Selon Robert Roland, dirigeant d'un collectif « Oui au POLT non à la LGV », parmi les requérants, les opposants sont « extrêmement satisfaits » de cette décision du Conseil d'État « conforme au bon sens, qui va dans l'intérêt des populations, de l'environnement, de l'amélioration de la qualité de vie et de l'économie de la région. » Le projet « aurait plombé les finances de la nouvelle grande région » Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes, a-t-il dit.