Bordeaux: L'enquête se poursuit après la série d'explosions à Bassens

FAITS DIVERS Plusieurs camions-citernes ont explosé dimanche matin sur un site industriel à Bassens, près de Bordeaux. Deux enquêtes ont été ouvertes...

Mickaël Bosredon

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Le 3 avril 2016 explosion de camion citernes a Bassens
Le 3 avril 2016 explosion de camion citernes a Bassens —

On ne connaît toujours pas les circonstances qui ont déclenché un incendie, dimanche matin, sur le site de l’entreprise CD Trans, à Bassens, spécialisée dans le transport de produits pétroliers. Mais le feu, qui s’est déclaré sur un camion-citerne vide, s’est propagé à une vingtaine de véhicules, et sous l’effet de la chaleur et sans doute de la présence de gaz résiduels, trois citernes ont explosé.

Le bruit de ces explosions, survenues entre 7h15 et 7h40, a retenti à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, puisqu’il a été entendu jusque dans le Libournais. Des débris ont été projetés à plus d’un kilomètre - l’un a été retrouvé dans un jardin à Carbon-Blanc. Et pour les riverains du site, ce fut la panique, certains pensant à un attentat.

Pas de risque de pollution

L’origine du sinistre, criminelle ou accidentelle, reste inconnue. Mais c’est la la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Bordeaux qui a été saisie dans l’enquête. Une deuxième enquête, administrative, a été confiée par le préfet Pierre Dartout à la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.) Deux experts ont été dépêchés sur les lieux dès dimanche matin, pour relever toutes les traces possibles, et exploiter les bandes de vidéosurveillance. En tout, presque une centaine de pompiers sont intervenus. Deux ont été légèrement blessés. Tout risque de pollution a été écarté.

L’entreprise n’est pas encore classée Seveso, mais le processus est en cours, a précisé le préfet. Il s’agit d’une procédure de classement Seveso dite seuil bas (en raison de risques qualifiés d’importants, le seuil haut touchant des risques majeurs).

Un camp de gens du voyage à cinquante mètres

Mardi, l’association Robin des Bois a relevé que « l’étude de dangers de CD Trans date de 2013 et déclare que dans les pires scénarios possibles - par ailleurs considérés comme très improbables - à savoir l’incendie et l’explosion de conteneurs citernes pleins, les zones d’effet resteront circonscrites dans le site ou le dépasseraient au maximum de 50 m. » Elle dénonce aussi qu’un camp de gens du voyage ait pu s’installer « à 50 m de ce site, » donc « dans la zone attendue des effets de suppression. » Les habitants de ce camp ont été particulièrement choqués par les explosions.

Enfin, Robin des Bois s’étonne que « les clôtures sur les sites Seveso soient trop souvent de simples grillages à poulaillers. CD Trans a refusé d’implanter des clôtures de 2,50m de haut comme l’avait demandé le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours). Les intrusions sur site s’en trouvent facilitées pour ne pas dire encouragées. »