Procès aux Assises après la mort d'Alexis Moulinier: Le jour du drame reconstitué

JUSTICE Mickaël et Christophe Houwer, jumeaux de 23 ans, et une jeune fille, mineure à l'époque des faits, sont jugés devant la cour d'Assises des mineurs pour vol avec violences ayant entraîné la mort...

Elsa Provenzano
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Deuxième jour du procès aux Assises des 3 jeunes jugés pour le meurtre d'Alexis Moulinier, un étudiant de 19 ans.
Deuxième jour du procès aux Assises des 3 jeunes jugés pour le meurtre d'Alexis Moulinier, un étudiant de 19 ans. — E.Provenzano / 20 Minutes

Le 5 mars 2014, Alexis Moulinier, étudiant de 19 ans, a perdu la vie à Talence, poignardé en plein cœur. Un peu plus d’un an plus tard, le 11 mars 2015, cette journée a été reconstituée en présence des trois accusés : les jumeaux Mickaël et Christophe Houwer, 23 ans, et la petite amie de Mickaël à l’époque, âgée alors de 17 ans, pour comprendre ce qui s’est passé.

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La reconstitution, précieuse pour les débats, a été examinée ce mardi, lors du deuxième jour de leur procès devant les Assises des mineurs, devant laquelle ils sont jugés pour vol avec violences ayant entraîné la mort.

La victime a été suivie jusque chez elle

Le trio avait décidé de voler un téléphone portable pour se payer de la drogue qu’il consomme alors en grande quantité. C’est la petite amie de Mickaël qui désigne Alexis aux jumeaux lorsqu’il sort du tramway. Le choix se porte sur lui a priori parce qu’il doit avoir « un beau portable ». Ils le suivent jusque dans l’impasse qui mène à son immeuble. Alexis Moulinier a les écouteurs sur les oreilles et ne se rend pas compte qu’il est suivi. Ses agresseurs expliquent qu’ils ne savent pas s’ils vont lui arracher son portable sur la route ou pas, puisqu’ils ignorent à ce moment-là qu’il se rend chez lui.

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Les jumeaux s’engouffrent par la porte d’entrée entrouverte du hall qu’Alexis Moulinier vient d’ouvrir avec sa clé et qui est sur le point de se refermer. Chacun des frères a alors dégainé un couteau pour menacer Alexis Moulinier. La jeune fille reste devant l’immeuble et ne franchit pas la porte d’entrée du hall.

« Il a pété un câble et porté un coup de couteau »

Alexis Moulinier, qui a toujours ses écouteurs, découvre au dernier moment que les jumeaux veulent s’en prendre à lui. « Il a été plus surpris qu’autre chose », raconte Christophe Houwer. Il y a alors une empoignade qui amène les jumeaux et la victime à proximité du couloir qui mène à l’appartement d’Alexis Moulinier. Selon les dernières déclarations de Mickaël, celui des jumeaux qui a porté le coup fatal, il aurait frappé Alexis Moulinier avant même de lui demander son portable. « Il s’est débattu, ça l’a énervé. Il a pété un câble et porté un coup de couteau », rapporte le président de la cour d’Assises Christian Lauqué, selon une des auditions de Mickaël Houwer.

« Un coup très appuyé »

« Je n’ai pas réfléchi j’ai dû mettre un coup assez fort », affirme Mickaël Houwer. Un des médecins légistes de Pellegin qui a examiné le corps de la victime parle d' : « un coup très appuyé » provoquant « une plaie au ventricule droit ». La lame s’est enfoncée sur 10 centimètres de profondeur. « Même si les secours étaient arrivés immédiatement, la victime n’aurait pas pu survivre à ce coup mortel », estime l’experte.

On ne lui a pas demandé son téléphone avant de le frapper

Au début de l’agression, les frères Houwer ne lui ont pas demandé son téléphone. « Il m’a demandé ce qu’on voulait alors qu’il était à terre, je lui ai dit « ton téléphone » », raconte Christophe Houwer devant la Cour. A ce moment-là, Mickaël Houwer lui a déjà porté le coup de couteau fatal. « Non, on n’a pas dû lui demander son téléphone, c’est parce qu’il a voulu s’enfuir », confirme Mickaël Houwer.

« On l’a vu se relever et partir. Je ne savais pas qu’il était mort, je pensais qu’il était blessé et que ce n’était pas très grave », raconte Mickaël Houwer, persuadé de l’avoir frappé « au ventre ». La jeune fille serait restée à l’extérieur pendant l’agression et le trio se serait enfui ensemble pour une cavale d’une dizaine de jours, avant d’être arrêté.

« C’est tellement grave, j’ai du mal à le croire. J’ai jamais pensé que ça arriverait de ma vie. Je regrette ce que j’ai fait, c’est très grave », bredouille Mickaël Houwer.

Le procès se poursuit jusqu’à jeudi ou vendredi.