Bordeaux: De plus en plus de logements réservés au service AirBnB

IMMOBILIER L’élu d’opposition Matthieu Rouveyre a mené une enquête sur le phénomène, qui pénalise le parc locatif, estime-t-il…

Mickaël Bosredon

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Bordeaux, 5 mars 2012. - Immobilier dans le secteur des Quais des Chartrons et de Bacalan. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 5 mars 2012. - Immobilier dans le secteur des Quais des Chartrons et de Bacalan. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

Plus de 3.000 logements bordelais seraient réservés au service de location AirBnB. C’est le constat réalisé par l’élu d’opposition Matthieu Rouveyre (PS), qui a étudié la situation durant deux mois sur la capitale girondine.

« Je suis élu depuis depuis plus de dix ans, et je tiens des permancences durant lesquelles le problème du logement est récurrent, explique-t-il. Depuis peu, j’ai eu des remontées comme quoi les propriétaires préféraient mettre leur logement sur AirBnB, plutôt que dans le parc de location classique » explique-t-il. L’attractivité de Bordeaux comme ville touristique, accentuerait le phénomène.

« Des logements retirés du parc locatif »

Or, cela va à l’encontre des demandes de plus en plus fortes concernant le parc locatif social, et les logements étudiants. L’élu dit « comprendre la démarche, puisque pour un propriétaire, louer un appartement ne serait-ce que dix jours par mois sur AirBnB, est tout aussi intéressant financièrement que le louer sur un bail classique de location… » Ainsi, un T2 dans le centre de Bordeaux, qui se louerait 558 euros par mois, rapporterait… 560 euros sur AirBnB pour dix nuits par mois.

« Le problème, souligne l’élu, est qu’il s’agit d’autant de logements qui sont retirés du parc locatif. Or, la situation est très tendue à Bordeaux concernant le logement social et étudiant. Et si on ne fait rien, la situation va s’aggraver. »

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« Des propriétaires qui ne payent pas la taxe de séjour »

Matthieu Rouveyre suggère ainsi de mettre en place des contraintes et des incitations, pour convaincre les propriétaires de ces logements de les remettre sur le marché du locatif. « Ces propriétaires ne payent pas la taxe de séjour, ce qui est un manque à gagner pour la ville, et une concurrence déloyale vis-à-vis des hôteliers.La ville de Paris a réussi à obtenir d’AirBnB qu’il reverse 83 centimes de taxe de séjour à la municipalité, pour chaque nuitée. Par ailleurs, la métropole a la possibilité d’assurer un contrôle du parc de logements d’AirBnB, et une taxe sur les résidences secondaires, pourquoi ne le fait-elle pas ? »

« Je ne crois pas qu’il faille être dans la répression systématique, poursuit l’élu, on peut d’ailleurs imaginer aussi des incitations fiscales pour ces propriétaires de logements, afin qu’ils les mettent plutôt dans le parc locatif. Mais on ne peut pas se désintéresser de la question. Plusieurs Etats aux Etats-Unis régulent ce genre de pratique, je pense que c’est à notre tour de le faire, sinon on va se faire déborder. »