VIDEO.Pays-Basque: L'activité de l'abattoir épinglé pour maltraitances a été suspendue

CRUAUTE ANIMALE Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé ce mardi dans un communiqué la fermeture de l'abattoir du pays de Soule à Mauléon et des inspections sur l'ensemble du pays...

Elsa Provenzano

— 

Les bovins filmés sont conscients alors qu'ils sont suspendus pour la saignée.
Les bovins filmés sont conscients alors qu'ils sont suspendus pour la saignée. — Association L214 Ethique et animaux

Le ministère de l’Agriculture n’a pas tardé à réagir, ce mardi, après la diffusion dans la matinée de vidéos tournées en caméra cachée par l’association de protection des animaux L214 montrant des animaux maltraités dans l'abattoir certifié bio du Pays de la Soule, à Mauléon Licharre dans les Pyrénées-Atlantiques.

>> A lire aussi : VIDEO. Pays-Basque: Un nouvel abattoir épinglé par une association pour actes de cruauté

Des bovins et des agneaux encore conscients sont suspendus pour la saignée voire emmenés à la découpe.

Les étourdissements réglementaires qui doivent précéder l’abattage ne sont pas réalisés correctement à plusieurs reprises.

  • Suspension immédiate de l’activité de l’abattoir

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a décidé d'ordonner la fermeture de l'abattoir pour une durée indéterminéen le temps qu’une enquête fasse la lumière sur les pratiques de l’établissement. Il a également demandé que soient réalisées, dans un délai d’un mois « des inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs de boucherie du territoire national ». Les conclusions de ces inspections seront transmises à la commission d’enquête parlementaire, annoncée le 22 mars.

>> A lire aussi : Abattoirs: création d'une commission d'enquête parlementaire

En fonction de l’état des lieux dressé grâce à ces inspections, le Ministre prendra des mesures pour « renforcer la responsabilité des opérateurs, en particulier sur la surveillance des postes d’abattage ».

En quelques mois, c’est la troisième vidéo a révélé des actes de cruauté envers les animaux dans des abattoirs français. Les abattoirs du Vigan et d’Alès, tous deux dans le Gard, ont déjà été pointés du doigt par l’association L214.

>> A lire aussi : Qui est L214, l’association qui a diffusé les images des abattoirs du Vigan et d’Alès?

  • « Le chemin de l’abattoir est le même pour les animaux élevés en bio ou non »

Dès ce mardi après-midi l’association nationale de protection des animaux L214 va porter plainte contre l’abattoir du pays de la Soule pour sévices graves, actes de cruauté et faits de maltraitance. L’association, qui reçoit de nombreuses informations et témoignages de citoyens et souhaite préserver ses sources, a filmé en caméra cachée pendant une semaine environ à l’intérieur de l’abattoir, en mars 2016.

Un bovin au sol dans l'abattoir du Pays de la Soule.
Un bovin au sol dans l'abattoir du Pays de la Soule. - Asssociation L214 Ethique et animaux.

« On ne cible pas forcément les abattoirs qui fournissent la filière bio mais celui-ci a la certification Ecocert et les gens ont le droit de savoir. Concernant le bien-être animal, au moins en agriculture bio, les animaux ont accès à l’extérieur mais le chemin de l’abattoir est le même pour les animaux élevés en bio ou en agriculture conventionnelle » explique Bérénice Riaux, chargée de campagne chez L214.

  • Les infractions relevées à chaque séquence vidéo

A quasiment chaque séquence filmée, l’association relève des infractions. « Les pinces pour les étourdir ne vont pas aux tempes mais sur leurs corps, on voit bien que les agneaux ne sont pas étourdis et certains sont même écartelés… On voit aussi des bovins reprendre conscience au moment de la découpe », détaille Bérénice Riaux.

Les employés essaient d'assommer les agneaux quand l'étourdissement n'a pas fonctionné.
Les employés essaient d'assommer les agneaux quand l'étourdissement n'a pas fonctionné. - L214 Ethique et animaux

Le directeur de l’abattoir s’est montré choqué en découvrant la vidéo, incriminant deux de ses salariés en particulier, qu’il compte mettre à pied. Dans le Monde, qui a révélé l’affaire, il incrimine les cadences à tenir avant Pâques. « Si les cadences sont importantes, il faut embaucher des gens. Les animaux n’ont pas à vivre ça ! » s’insurge Bérénice Riaux.

L’abattoir emploie 37 personnes dont 13 abatteurs.