Ligue 1: Ça se passait comment quand Ramé jouait en CFA 2 avec les jeunes aux Girondins ?

FOOTBALL Lors de sa dernière saison à Bordeaux, Ramé a disputé quelques matchs de CFA 2 avec l’équipe réserve…

Marc Nouaux

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Ulrich Ramé, lors de son dernier match disputé au stade Chaban-Delmas avec les Girondins, le 30 mai 2011 à Bordeaux.
Ulrich Ramé, lors de son dernier match disputé au stade Chaban-Delmas avec les Girondins, le 30 mai 2011 à Bordeaux. — PIERRE ANDRIEU / AFP

Ulrich Ramé, ce grand discret. A 43 ans, l’ancien gardien des Girondins (1997-2011) a toujours traîné l’image d’un homme plutôt en retrait. Une sensation que l’on a pu constater lors des premiers entraînements qu’il a eu à diriger depuis qu’il est coach de l’équipe pro où il ne s’est pas beaucoup exprimé, laissant Pierre Espanol, son adjoint, animer les séances.

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Alors qu’il est à la tête d’une équipe en plein doute, on se demande avec quel discours l’ancien international (12 sélections) parviendra à s’adresser à son effectif, très jeune. Lors de sa dernière saison aux Girondins en 2010-2011, Ramé, 38 ans à l’époque, avait déjà côtoyé la jeunesse. Comme Jean Tigana lui avait demandé de partager le poste de numéro 2 avec Kévin Olimpa, certains week-ends, il allait en équipe B avec des joueurs âgés entre 17 et 20 ans.

« Une machine physique »

« Il ne parlait pas trop, il restait souvent discret, dans son coin, se souvient un des jeunes de l’époque, Victor Fuchs, aujourd’hui à Bergerac en CFA. Il avait toujours des conseils bienveillants. Toi, quand tu es jeune et qu’Ulrich Ramé redescend en CFA, tu écoutes ce qu’il dit. »

Anthony Gaillard, jeune attaquant de l’équipe B lors de cette saison, a gardé la même image. « Il était discret mais parlait pour encourager tout le temps les jeunes. Et c’était surtout une machine physique [rires]. »

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Fuchs, qui allait aussi souvent s’entraîner avec les pros, ne se souvient pas l’avoir entendu beaucoup s’exprimer à l’étage supérieur. « Pareil que quand il venait avec la réserve, il ne parlait pas dans le vestiaire avant l’entraînement. » « Il n’est pas si introverti que cela, a défendu Elie Baup, son ancien entraîneur, dans Sud Ouest. Il disait des choses dans le vestiaire. Et Zidane aussi était introverti. On l’a pourtant choisi pour être l’entraîneur du Real Madrid… »

Il faut dire que Baup avait rapidement fait de Ramé son capitaine, un statut que le gardien de but a conservé jusqu’à l’arrivée de Carrasso, en 2009, soit neuf saisons. Parce que derrière sa discrétion, il a toujours été exemplaire et a su remobiliser un groupe en prenant la parole à bon escient.

« Il prend plus de place dans la cage »

« Il y a un match à Mérignac où on n’est pas bon et à la mi-temps, il a re-boosté tout le monde », se rappelle Fuchs. Ce jour-là, il avait même arrêté un pénalty en deuxième période. Le Mérignacais auteur de la tentative loupée, Mickaël Bottazzini, avait été impressionné et revit la scène. « Quand un gardien comme ça arrive en face, tu te mets plus de pression, tu as l’impression qu’il prend plus de place dans la cage. J’ai voulu m’appliquer plus que d’habitude et je l’ai manqué. »

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Au final, Ramé avait bien aidé l’équipe réserve à reprendre sa place en CFA à l’issue de la saison. Sans faire de vague, il a été à son image : professionnel et humble, montrant l’exemple à une génération qui en a gardé un bon souvenir. Fuchs estime d’ailleurs que mettre Ramé en numéro un pour finir la saison est une bonne idée. « Je pense qu’avec les jeunes, son passé va être respecté et ce qu’il dira sera écouté. »