Décès à la maternité d'Orthez: Un deuxième médecin mis en examen

JUSTICE Après le décès d’une patiente de la maternité d’Orthez, en septembre 2014, un obstétricien vient d’être mis en examen pour « non-assistance à personne en danger. Une anesthésiste est déjà poursuivie pour « homicide involontaire aggravé »…

E.P. avec AFP

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La maternité d'Orthez le 23 octobre 2013
La maternité d'Orthez le 23 octobre 2013 — Iroz Gaizka AFP

Un deuxième médecin est mis en cause après le décès d’une patiente à la maternité d’Orthez en septembre 2014. Il s’agit d’un obstétricien qui a été mis en examen le 25 février pour « non-assistance à personne en danger » et placé sous contrôle judiciaire.

Une anesthésiste belge, qui avait bu le soir du drame, a été mis en examen début octobre 2014 pour « homicide volontaire aggravé » et placée sous contrôle judiciaire strict, avec notamment interdiction d’exercer la médecine ou même « le conseil », de quitter le territoire français, et l’obligation de se soigner.

Un problème de comportement au bloc opératoire

« L’obstétricien n’a pas l’interdiction d’exercer, car sa pratique professionnelle n’est pas en cause, » a souligné le procureur de la République de Pau Jean-Christophe Muller. « C’est son comportement dans le bloc opératoire après l’accouchement qui est visé ».

Cette mise en examen « n’enlève en rien la responsabilité et aux fautes commises par (l’anesthésiste) le Dr Helga Wauters, qui ont conduit à l’arrêt du cœur de la patiente », a estimé Me Philippe Courtois, avocat de la famille de la victime.

Elle avait intubé les voies digestives au lieu des voies respiratoires

Le 26 septembre 2014, l’anesthésiste avait en charge une patiente de 28 ans, Xynthia Hawke, à la maternité d’Orthez, où elle venait d’être recrutée. L’anesthésiste lui avait prodigué une péridurale avant de sortir boire « un verre de rosé » chez des amis.

Mais l’accouchement s’était mal passé, une césarienne devenant nécessaire. Rappelée, l’anesthésiste sentait l’alcool à son retour à l’hôpital et son comportement avait paru étrange à ses collègues.

La situation avait viré au drame : au lieu de se servir du respirateur du bloc opératoire, l’anesthésiste avait utilisé un ballon manuel pour ventiler sa patiente, et avait intubé les voies digestives au lieu des voies respiratoires. En arrêt cardiaque, la patiente avait été transférée à l’hôpital de Pau, où elle était décédée le 30 septembre. Son bébé est sain et sauf.