Landes: Des amendes requises contre une vingtaine de parents d'élèves, jugés pour dénonciation calomnieuse

JUSTICE Une trentaine de parents d'élèves d'un collège de Biscarosse ont été jugés mardi devant le tribunal correctionnel pour dénonciation calomnieuse d'un enseignant...

E.P. avec AFP

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Illustration justice - Un avocat plaide au tribunal
Illustration justice - Un avocat plaide au tribunal — M.LIBERT/20MINUTES

Il n’y avait pas moins de 36 parents d’élèves convoqués sur le banc des prévenus mais seuls 15 d'entre eux se sont présentés, ce mardi, au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan. Ils sont poursuivis pour dénonciation calomnieuse d'un enseignant du collège de Biscarosse, qu’ils avaient accusé de harceler et humilier des élèves.

Le procureur a requis une peine de 1.000 euros d’amende avec sursis pour les parents qu’il considère coupables de dénonciation calomnieuse, et la relaxe pour une douzaine d’autres qui s’étaient écartés du collectif incriminé.

L’enseignant « détruit psychologiquement »

L’affaire avait démarré en 2013 par un courrier de plainte à l’Éducation nationale, mais aussi des plaintes en gendarmerie, émanant d’un collectif de parents, qui visaient en particulier ce professeur de sport de 59 ans, mais également quelques autres enseignants et encadrants du collège.

Les enquêtes, interne comme pénale, avaient abouti au classement sans suite du dossier, mais le parquet s’était retourné contre les parents, engageant alors des poursuites. L’enseignant mis en cause, lui, n’exerce plus depuis les faits, attendant la retraite, mais est « détruit psychologiquement », selon son avocate Me Laure Darzacq.

L’audience, et des témoignages rappelés par la présidente, ont mis au jour le climat de ressentiments et de vengeance régnant alors entre enseignants du collège, où deux autres professeurs -non poursuivis - auraient pu manipuler des parents sur la constitution du collectif.

Ces deux enseignants, qui faute d’éléments n’ont pas été inquiétés par la justice, ont depuis fait l’objet de sanctions disciplinaires, mais celles-ci ont été annulées par le tribunal administratif de Pau, a indiqué leur avocat Me Jérôme Kuznik, qui défend aussi des parents.

« Il y a eu un déchaînement d’horreurs »

« On était en pleine période d’évaluation des professeurs », « il y a eu un déchaînement d’horreurs », a souligné mardi la principale du collège de l’époque, pour qui l’enseignant mis en cause aimait certes la discipline, mais était « parfois poussé à bout par certains élèves ».

Quelques parents ont continué d’accabler l’enseignant, parlant d’un fils attrapé durement par le bras, un autre victime de brimades, nu au sortir de la douche, une fille « harcelée » pour s’être souvent fait renvoyer de cours. Mais plusieurs autres ont reconnu que le collectif a pris des proportions qu’ils n’avaient pas imaginées. « Je me doute qu’il y en a qui en ont rajouté », a ainsi déclaré une mère.

e jugement a été mis en délibéré au 19 avril.