Angoulême: Amende avec sursis pour deux rappeurs injuriant la police

JUSTICE Les deux rappeurs, qui avaient également attaqué Marine Le Pen dans l'une de leurs chansons, devront aussi effectuer un stage de citoyenneté...

M.B. avec AFP

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Illustration tribunal
Illustration tribunal — BEBERT BRUNO/SIPA

Le tribunal correctionnel d'Angoulême a condamné mercredi deux rappeurs amateurs à 500 euros d'amende avec sursis et un stage de citoyenneté pour « apologie de crime » et « injure publique » envers la police. Ils l'avaient prise pour cible dans deux clips vidéos sur internet.

https://twitter.com/SO_Charente/status/705022793314914304

Les deux jeunes hommes, âgés de 25 et 19 ans, ont en revanche été relaxés pour les faits de « provocation de crime » non suivie d'effets à l'encontre de Marine Le Pen, également visée dans les paroles d'une de leurs chansons. La présidente du Front national s'était constituée partie civile.

Ils avaient retiré leurs clips de You Tube

Sous le nom de Poposte et Rémy, les rappeurs charentais avaient publié sur internet début 2015 deux vidéos. Dans l'une d'elles, ils chantaient avoir « toujours le sourire quand un flic crève », qualifiant les policiers de « porcs. » Dans la seconde chanson, ils demandaient à voir la tête de Marine Le Pen « découpée, rangée dans un sac. »

Vivement critiqués, les deux rappeurs avaient retiré leurs clips de la plateforme YouTube mais le procureur de la République d'Angoulême avait diligenté une enquête.

« Pas de droit d'appeler au crime sous couvert de la liberté d'expression »

A l'audience du 6 janvier, le ministère public avait relevé que les propos tenus dans ces chansons étaient « sans humour, sans aucun second degré » et rappelé qu'en France, « on n'a pas le droit d'appeler au crime sous couvert de la liberté d'expression. » Il avait requis trois mois de prison avec sursis, assorti d'un stage de citoyenneté.

Les deux jeunes avaient exprimé leurs regrets. « A force de trop écouter un type de rap, on répète les mêmes choses sans vraiment penser ce que l'on dit », avait déclaré l'un d'eux. « Cela ne reflète pas ce que l'on pense », avait affirmé le second.

Leur avocate, Me Adeline Lacoste, avait insisté sur l'absence d'éléments intentionnels. « Ces deux-là n'ont pas voulu inciter à tuer des gens. Le rap est un genre de musique populaire qui s'appuie sur le rejet et le ressentiment », avait-elle dit, plaidant « une bêtise. »