Pays Basque: L'indépendantiste Otégi plaide pour la paix à sa sortie de prison

FAITS DIVERS Arnaldo Otegi, ancien membre actif de l’ETA, a purgé six ans et demi de prison pour « appartenance à une organisation terroriste au rang de dirigeant ». Il a été l’un des premiers à défendre l’abandon de la lutte armée…

E.P. avec AFP

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Arnaldo Otegi,  figure de l'indépendantisme basque est sorti de prison mardi en Espagne.
Arnaldo Otegi, figure de l'indépendantisme basque est sorti de prison mardi en Espagne. — ANDER GILLENEA / AFP

A peine sorti de prison, ce mardi en Espagne, Arnaldo Otegi, figure de l’indépendantisme, a aussitôt souhaité la consolidation de la paix au Pays basque où cet ancien membre actif de l’ETA fut l'un des premiers à réclamer l'abandon de la lutte armée.

L’ETA n’a plus perpétré d’attentat meurtrier depuis 2010 et l’organisation avait officiellement annoncé la fin de son action armée en octobre 2011.

Libéré après avoir purgé une peine de six ans et demi de prison pour « appartenance à une organisation terroriste au rang de dirigeant », Otegi s’est forgé l’aura d’un acteur décisif du processus de paix. Devenu une icône de la gauche indépendantiste, il reste honni par des victimes de l’ETA qui lui reprochent de ne l’avoir jamais véritablement reniée.

« Ils nous ont incarcérés pour avoir fait le pari de la paix »

Otegi, 57 ans, a quitté la prison de Logroño, (Rioja, nord) sous les applaudissements de quelque 200 proches et partisans. Certains criaient « indépendance » ou encore « les prisonniers basques à la maison ».

Face à la foule, Otegi s’est présenté comme « un prisonnier politique » puis a lancé : « Il y a six ans et demi, ils nous ont incarcérés pour avoir fait le pari de la paix et je veux vous féliciter tous pour avoir maintenu ce pari, en dépit de toutes les provocations ».

« La paix est bien la voie à suivre » jusqu’au bout « et c’est ce que je me propose de faire avec vous tous », a-t-il ajouté, en se revendiquant « basque », « indépendantiste » et « socialiste ».

Un rôle politique à jouer

Otegi reste en principe inéligible jusqu’en 2022, ce qu’il pourrait chercher à contester en justice. Partisans et détracteurs lui prédisent dans tous les cas un rôle politique important, notamment lors des régionales à l’automne, alors que la gauche « abertzale » (patriote) a besoin d’un chef charismatique pour contrer la montée du parti de gauche radicale Podemos.

Dans des déclarations écrites au New York Times, il confirme qu’il aimerait devenir le prochain président régional et promet de défendre le droit à l’autodétermination de la région, comme les indépendantistes de Catalogne, dont certains s’étaient déplacés pour l’accueillir à sa sortie de prison.