Le marché bordelais repart à la hausse

Augustin Arrivé - ©2007 20 minutes

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« Pas question de nous montrer euphoriques, mais nous sommes dans une phase d'optimisme », souriait vendredi Bernard Farges, président du syndicat viticole des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, en présentant le bilan commercial de la saison 2006-2007.

Depuis 2001, le vin bordelais allait mal. Des stocks démesurés et une demande stagnante avaient contraint les producteurs à revoir leurs tarifs à la baisse. Les chiffres du Conseil interpro­fessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) font espérer aujour­d'hui une inversion de tendance. Par rapport à l'année 2005-2006, les ventes de Bordeaux AOC ont augmenté de 7 % en 2006-2007, avec 586 millions de litres vendus. Le rouge, qui représente deux tiers des transactions, affiche une hausse considérable de 9 %, et le rosé, profitant d'un engouement national, explose (28 %).

La piteuse météo de juin serait à l'origine de cette embellie : les négociants, craignant une pénurie, avaient alors réalisé des achats de précaution, permettant un rebond du marché. Le prix moyen au tonneau a ainsi augmenté (880 euros pour le rouge), et même si on est en­core loin des 1 112 euros du millésime 2001, les 5 % de croissance de 2006 ont de quoi rassurer.

Rémi Garuz, propriétaire de 30 hectares à Saint-Brice, avoue un certain soulagement : cette année, il a vendu toute sa récolte. « Une hiron­delle ne fait pas le printemps, admet-il, mais elle l'annonce. »