Pesticides: Attention, la poussière des maisons proches de cultures est contaminée

ENVIRONNEMENT L’ONG Générations Futures révèle ce mardi, dans une étude, que des résidus de pesticides ont été découverts dans la poussière recueillies dans des maisons proches de cultures…

E.P. avec AFP

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Illustration d'un épandage de pesticides.
Illustration d'un épandage de pesticides. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

L’ONG Générations Futures, qui milite pour une meilleure prise en compte de l’impact des pesticides sur la santé, et organise  une mobilisation ce mardi à Bordeaux, a rendu publique ce mardi une nouvelle étude. Des échantillons de poussière ont été collectés dans une vingtaine de maisons situées entre 0 et 200 mètres de cultures (vignes, vergers, céréales) et 61 pesticides différents ont été recherchés. Résultat des courses : « entre 8 et 30 pesticides par habitation ont été détectés dans la poussière » des échantillons, relève l’ONG, avec une forte présence de ceux suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Générations futures reconnaît que son « enquête n’a pas la valeur d’une étude scientifique ». Le nombre d’échantillons est faible et il n’y a pas de comparatif avec des zones a priori moins exposées. Mais, l’association dit vouloir « alerter sur le fait que des personnes sont en permanence exposées à des résidus de pesticides ».

Les perturbateurs endocriniens (présents dans des pesticides, des plastiques, des cosmétiques, etc.) sont des substances soupçonnées d’interagir avec des protéines régulant les cellules de l’être humain, provoquant ainsi cancers, malformations congénitales, retards de développement chez les enfants, etc.

En attente d’une définition par l’Europe des perturbateurs endocriniens

Faute d’une définition précise des perturbateurs endocriniens, que l’Union européenne était censée produire fin 2013 et qui a été repoussée à 2017, il n’existe pas de réglementation visant spécifiquement ces substances, alors que les preuves de leur dangerosité s’accumulent.

Selon Générations futures, la concentration de pesticides a chuté entre l’été, période de traitement, et l’hiver, sans pour autant tomber à zéro : « des résidus semblent demeurer toute l’année ».

L’ONG signale aussi que trois produits ont été retrouvés dans tous les échantillons : le perméthrine, le tebuconazole et le dimethomorph. Une autre substance, le diuron, pourtant interdit depuis 2008, a été retrouvée dans 90 % des habitations. Elle estime dans un communiqué que son « travail montre l’urgence de la publication d’une définition des perturbateurs endocriniens réellement protectrice au niveau européen ».

Le 16 décembre 2015, le Tribunal de l’Union européenne, saisi par la Suède, a condamné la Commission pour manquements à ses obligations pour n’avoir pas arrêté à la date prévue une définition des perturbateurs endocriniens.