Grippe aviaire: Les nouveaux cas confortent les autorités dans le choix d'un «vide sanitaire généralisé»

AGRICULTURE Un élevage de canards déjà touché en novembre par l'influenza aviaire est de nouveau infecté. Un fait qui confirme, pour les autorités, la nécessité d'un vide sanitaire sur la filière...

Elsa Provenzano
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A Bordeaux, le 28 janvier 2016, reportage auprès des éleveurs de canards regroupés dans la coopérative Palmagri, alors que des mesures draconniennes sont prises pour lutter contre l'influenza aviaire.
A Bordeaux, le 28 janvier 2016, reportage auprès des éleveurs de canards regroupés dans la coopérative Palmagri, alors que des mesures draconniennes sont prises pour lutter contre l'influenza aviaire. — E.Provenzano / 20 Minutes

Deux nouveaux cas de grippe aviaire ont été détectés en Dordogne, ont appris mardi les éleveurs de palmipèdes du Sud-Ouest. Cela porte à 15 le nombre de foyers identifiés dans ce département et à 74 ceux détectés au total, dans huit départements du Sud-Ouest. Le premier cas a été repéré dans un basse-cour de Dordogne, en novembre dernier.

Cette nouvelle attaque du virus survient alors qu'un vide sanitaire est prévu à partir du mois d'avril dans les élevages de volailles du Sud-Ouest, afin de tenter d’éradiquer la maladie.

Où sont situés les nouveaux foyers ?

Le premier foyer d’influenza aviaire a été repéré dans une salle de gavage de Saint-Paul-La-Roche, alors même que cette exploitation avait déjà été touchée en novembre dernier. Les canards avaient été abattus et le site assaini mais au cours de contrôles, qui sont réalisés dans tous les foyers déjà infectés, il a été découvert que le nouveau lot de palmipèdes était touché. A Beauregard et Bassac, un élevage dit de « prêt-à-gaver » constitue un nouveau foyer d’influenza aviaire.

Comment est-il possible que la même exploitation soit touchée deux fois ?

« Trois hypothèses sont envisageables : une contamination initiale dans l’exploitation ayant fourni les canards prêts à gaver, une contamination dans le transport ou une contamination dans l’exploitation réalisant le gavage », explique Hervé Simon, directeur adjoint de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), précisant qu’une enquête épidémiologique sera réalisée par l’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Qu’est-ce qui est mis en place ?

Tous les palmipèdes des deux exploitations vont être abattus. Les 2.000 de Saint-Paul-La Roche sont éliminés ce mercredi et les 6.000 de Beauregard et Bassac le seront ce jeudi. Des désinfections des exploitations vont être réalisées par des entreprises spécialisées, sous la supervision de la DDCSPP. Comme pour les autres foyers, une zone de protection de trois kilomètres et une zone de surveillance de dix kilomètres sont mises en place autour des élevages concernés.

Est-ce que le plan de vide sanitaire reste inchangé suite à ces deux nouveaux cas ?

« Ce nouveau cas d’influenza aviaire montre que l’éradication doit passer par un vide sanitaire généralisé. Nous constatons toujours une circulation latente du virus dans la filière. Une mesure générale de vide sanitaire, accompagnée par la mise en place des mesures de biosécurité, va permettre de repartir sur des bases assainies », assure Hervé Simon.