SNCF: La décision de supprimer des TER faute de conducteurs ne passe pas du côté de la Région

TRANSPORTS La SNCF a annoncé la suppression de certaines liaisons TER en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, faute de conducteurs. La Région demande le rétablissement immédiat du plan de transport régional...

Mickaël Bosredon

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Le 10 février 2016, illustration TER, en gare de Blanquefort (Gironde)
Le 10 février 2016, illustration TER, en gare de Blanquefort (Gironde) —

La décision de la SNCF de supprimer provisoirement certains trains TER dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ne passe pas du côté du nouvel exécutif régional. Dans un communiqué, la grande région annonce avoir appris « avec stupeur que la SNCF ne pouvait plus assurer le plan de transports du TER Aquitaine par manque de conducteurs (entre 16 et 20 sur le site de Bordeaux). »

« La SNCF a informé la Région qu’elle décidait, unilatéralement, de supprimer certaines circulations sur les lignes Bordeaux - Coutras - Angoulême, Bordeaux - Le Verdon, Bordeaux - Arcachon, Bordeaux - Bergerac - Sarlat, Agen - Périgueux et Bordeaux - Périgueux, entre le 8 février et le 2 juillet 2016. » Il s’agirait de 24 trains par jour en semaine, soit plus de 5 % des circulations. Plus de 2.000 usagers sont concernés. « Les cars de substitution, lorsqu’ils sont proposés, ne répondent pas aux attentes légitimes des usagers qui subissent des temps de parcours dégradés. »

Rousset demande le rétablissement immédiat du plan de transport

Le président de la Région Alain Rousset « a manifesté officiellement à Guillaume Pepy, président de la SNCF, par écrit et avec beaucoup de fermeté, son refus de réduire le plan de transport, en demandant le rétablissement immédiat du plan de transport commandé par la Région, sans attendre le mois de juillet. Il a exigé aussi en parallèle la mise en œuvre d’un plan d’urgence crédible visant à revenir au respect du plan de transport contractuel : des trains qui circulent, suffisamment capacitaires, et qui arrivent à l’heure ! »

L’exécutif rappelle ses investissements depuis 2002 dans le réseau TER. « La Région ne cesse, depuis de nombreuses années, de fournir à son exploitant, la SNCF, les moyens lui permettant de rendre un service conforme à la commande : matériel neuf (630 millions d’euros investis depuis 2002, dont 370 millions d’euros sur les deux dernières séries Régiolis et Regio2N), financement à 100 % d’un centre de maintenance dédié aux TER, à hauteur de 25 millions d’euros, modernisation du réseau (190 millions d’euros sur le réseau aquitain depuis 2002), équipement des contrôleurs en smartphones et financement d’un centre opérationnel pour améliorer l’information des usagers en situation perturbée… La Région investit pour que l’exploitant améliore la qualité du service, mais celui-ci se dégrade. »