Arrestation musclée d'une militante à Poitiers: « Ils m'ont humiliée », raconte la septuagénaire

FAITS DIVERS Après son arrestation musclée lundi, Katia Lipovoï, militante écologiste engagée contre l'abattage massif d'arbres dans son quartier, raconte à «20 Minutes» son expérience...

Elsa Provenzano

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Katia Lipovoï, une militante du collectif Sauvons les arbres a été violemment molestée par des policiers.
Katia Lipovoï, une militante du collectif Sauvons les arbres a été violemment molestée par des policiers. — Capture d'écran France 3

Katia Lipovoï, 72 ans, ne revient toujours pas de ce qui lui est arrivé lundi. Elle a été saisie par des policiers, jetée à terre et menottée alors qu’elle protestait avec d’autres membres du collectif « Sauvons les arbres » contre l’abattage planifié de 150 arbres, jugés trop sensibles aux intempéries, dans son quartier de Poitiers.


Arrestation Katia Lipovoï à Poitiers

« Ils m’ont traînée par les pieds »

La mairie avait installé un périmètre de sécurité autour de la zone d’abattage des arbres au moyen de barrières. C’est lorsque la septuagénaire a fait tomber l’une d’elle que les policiers se sont jetés sur elle. « J’ai secoué la barrière, un peu par réflexe, et elle est tombée mais je n’avais pas l’intention de la franchir », assure Katia Lipovoï.

Elle assure qu’elle n’a pas été rappelée à l’ordre verbalement par les policiers : « Ils m’ont attrapée et je me suis débattue à ce moment-là, par réflexe. Ils m’ont traînée par les pieds ensuite et ces minutes ont été horribles. J’ai cru que j’allais étouffer. Ils m’ont drôlement humiliée… »

Elle devra répondre de violences contre la police

« C’est un peu trop pour ce que j’ai fait, je n’ai même pas franchi la barrière ! C’était peut-être un peu une provocation de la secouer mais la réaction est disproportionnée », estime-t-elle.

Quatre policiers ont participé à l’interpellation de la militante écologiste. « Et ils m’ont mis des menottes, comme si j’allais me sauver ! », s’exclame-t-elle. Elle sera convoquée devant la justice le 18 avril pour répondre de violences envers deux policiers. « Ils ont voulu me faire signer une déclaration lors de ma garde à vue, dans laquelle je reconnaissais avoir agressé deux policiers mais je n’ai pas voulu », raconte la septuagénaire.

Elle nous prend pour des moins que rien

Cette militante écologiste, également membre de la LPO Vienne, se bat pour que son quartier reste vert. Elle se souvient que l’an dernier, sur 140 arbres abattus, seuls 37 ont été remplacés et cette année, sur 150 arbres coupés, seuls 37 devraient être replantés. « La mairie ne veut pas recevoir nos avis, il n’y a pas de dialogue possible ! Elle nous prend pour des moins que rien, déplore-t-elle. Nous ne sommes pas contre l’abattage d’arbres dangereux mais là, nous pensons que la mairie veut seulement économiser de l’argent ». La pétition que son collectif a lancée a recueilli 600 signatures et elle espère arriver à un consensus.

Si beaucoup de ses amis lui conseillent de porter plainte après son arrestation, elle souhaite y réfléchir, notamment avec le collectif. « Heureusement je suis très soutenue et ça maintient », glisse la septuagénaire.