Sud-Ouest: En pleine crise, la filière agricole prépare son grand salon annuel

AGRICULTURE Grippe aviaire, pesticides… Les agriculteurs de la grande région Aquitaine ne sont pas épargnés par les crises en ce début d’année. C’est dans ce contexte que se prépare le salon de l’Agriculture…

Mickaël Bosredon

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Cerise, la vache de race bazadaise égérie du salon de l'agriculture, dans les salons de la région avec Alain Rousset Lancer le diaporama
Cerise, la vache de race bazadaise égérie du salon de l'agriculture, dans les salons de la région avec Alain Rousset — M.Bosredon/20Minutes

Le salon de l’Agriculture de Paris (27 février-6 mars) se prépare, et la grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes est dans les starting blocks. Avec 83.000 exploitations, la nouvelle grande région est désormais la plus grande région agricole « en valeur » d’Europe, et l’égérie du salon sera cette année une vache de race bazadaise, dénommée Cerise. Le 2 mars, une journée sera dédiée au sud-ouest au sein du salon.

 

Cerise, vache de race Bazadaise, sera l’égérie du salon de l’Agriculture 2016 - M.Bosredon/20Minutes

 

Le président de la grande région Alain Rousset a insisté sur la nécessité « d’innovation » au sein de la filière agricole, qui traverse actuellement plusieurs crises, entre celle des producteurs de lait, grippe aviaire et critiques sur l’utilisation des pesticides. « Dans le secteur avicole, il ne faut pas regarder que le court terme, mais analyser comment nous pouvons profiter du vide sanitaire qui est imposé chez les éleveurs du sud-ouest, décision qui était indispensable, pour aider les agriculteurs à faire les investissements nécessaires afin de créer des barrières sanitaires. Nous allons aussi accompagner la filière en amont, afin de remettre sur le marché des oeufs avec des reproducteurs sains. »

L’innovation pour répondre aux difficultés

« L’innovation, explique aussi Alain Rousset, c’est ce que nous avons mis en place à Latresne avec Telespazio, pour traiter la vigne uniquement là où il y en a besoin. C’est également l’unité de recherche au sein de l’Institut de la vigne et du vin de Villenave d’Ornon qui se penche sur les cépages du futur, pouvant mieux résister aux maladies et au réchauffement climatique. » Le président de la région a en revanche montré du doigt « le retard de la France en matière de méthaniseurs et d’utilisation des toits de bâtiments agricoles pour produire du solaire. »

Concernant la polémique sur l’utilisation des pesticides, qui a connu un nouveau rebond avec l’émission Cash Investigation qui avait particulièrement pointé du doigt la Gironde, Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la grande région en charge de l’agriculture, estime qu’il faut « rester prudent concernant le passage des exploitations en bio. Le marché se développe, mais pour certains produits c’est moins qu’on ne le pense, et des vignerons se retrouvent avec du vin bio sur les bras car ils n’arrivent pas à le valoriser au prix qu’ils souhaiteraient. »

Pour Alain Rousset, « la conversion en bio n’est pas si simple que cela, et selon le produit cela représente un saut technique qui est loin d’être anodin. Là encore, je crois en l’innovation pour apporter des réponses. »