Bordeaux: Des manifestants anti-pesticides mobilisés ce dimanche

ENVIRONNEMENT Après les révélations de Cash Investigation, plusieurs associations locales ont organisé une marche blanche ce dimanche pour dénoncer les ravages des pesticides...

Elsa Provenzano

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A Bordeaux le 14 février 2016, marche blanche organisée contre les pesticides à l'appel de plusieurs associations et collectifs locaux.
A Bordeaux le 14 février 2016, marche blanche organisée contre les pesticides à l'appel de plusieurs associations et collectifs locaux. — E.Provenzano / 20 Minutes

« Halte à l’omerta » ou encore « Plus d’agriculteurs et moins de pesticides » ont fait partie des slogans scandés par les manifestants venus braver la pluie, dimanche, lors d’une marche anti-pesticides. Ils étaient 200 à 250 selon la police et 1.000 à 1.500 selon les organisateurs.

Plusieurs collectifs et associations, dont Générations Futures et la Confédération Paysanne, sont à l’initiative de cette marche blanche, au lendemain de la diffusion de l’enquête de Cash Investigation sur les pesticides qui a notamment pointé du doigt la Gironde comme l’un des départements les plus consommateurs de phytosanitaires.

« Ils mettent beaucoup plus de produits qu’ils ne le doivent. Dans les Chateaux, ce sont de vrais chimistes ! Tout cela détruit notre santé et c’est la Sécurité Sociale qui paye… », déplore Colette, 64 ans, est venue de Gradignan pour se joindre au cortège des manifestants. La sexagénaire, qui dit avoir pris conscience de la problématique des pesticides depuis de nombreuses années achète des produits biologiques : « les gens pensent que c’est plus cher mais ce n’est pas vrai. Ils cèdent à la facilité en allant aux supermarchés parce qu’ils peuvent se garer devant ».

«  On sait les dégâts causés par les lobbies qui recherchent leurs profits. Moi, je connais des agriculteurs qui sont malades et des enfants qui ont contracté des leucémies », avance Manon, 22 ans, pour expliquer sa participation à la marche. Elle et son ami Cédric, 24 ans, habitent un petit village du Sud-Gironde, tout entouré de vignes. « Une année, cela m’est arrivé d’être un peu malade et de tousser pendant la période des épandages », raconte Cédric. Mais pour échapper à tout pesticide, « il faudrait habiter sur une île déserte », déplore Manon.

« La seule faute de mon frère a été d’être vigneron », lance Marie-Lys Bibeyran, militante anti-pesticides chez Générations Futures et l'une des initiatrices de la manifestation. Son frère a contracté un cancer après avoir épandu des pesticides sur les vignes pendant des années. « Il ne faut plus que les salariés agricoles aient à choisir entre leur emploi et leur santé », a-t-elle lancé à la foule.

« On a prouvé que l’on peut produire des produits de bonne qualité et sans pesticides», estime le président de la fédération régionale de l’agriculture biologique, rappelant que 4.500 paysans bio travaillent dans la nouvelle grande région. Pour lui, la balle est dans le camp des politiques qui doivent assurer une transition vers une agriculture sans pesticides, en premier lieu  en restreignant leurs usages à proximité des écoles et des bassins versants.

Une marche contre Monsanto, qui fait partie des plus gros fabricants de pesticides, sera organisée le 21 mai à Bordeaux.