Accident de car scolaire à Rochefort: Ce que l'on sait au lendemain du drame

FAITS DIVERS L'identité des 6 jeunes victimes a été confirmée. La garde à vue du chauffeur de car a été levée et celle du chauffeur de camion prolongée en vue de son défèrement...

Elsa Provenzano

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Scène de recueillement aprè l'accident de Rochefort qui a fait 6 victimes le 11 février.
Scène de recueillement aprè l'accident de Rochefort qui a fait 6 victimes le 11 février. — XAVIER LEOTY / AFP

Au lendemain du dramatique accident de la route qui a coûté la vie à 6 adolescents jeudi à Rochefort, Isabelle Pagenelle, procureur de la République de la Rochelle, s’est exprimée sur l’avancée de l’enquête.

L’identification des victimes terminée 

Les victimes sont six jeunes garçons, âgés de 15 à 18 ans. Une pré-liste avait été établie jeudi et elle a été confirmée après des analyses ADN. Les corps des jeunes victimes vont être remis à leurs familles au cours du week-end. Deux autres adolescents ont été blessés mais leurs jours ne sont pas en danger. La chapelle ardente a été rouverte à 11 h 30 ce vendredi, à Rochefort.

Le chauffeur de bus libéré, celui du camion déféré samedi

Les deux chauffeurs avaient été placés en garde à vue ce jeudi. On a appris ce vendredi que le chauffeur du car scolaire avait été libéré jeudi dans la soirée, sans qu'aucune charge ne pèse contre lui.

« Il n'a vu qu'au dernier moment la ridelle ouverte quand il croisait le camion », selon la procureur qui a rappelé les conditions météorologiques au moment de l'accident à 7 h 15 : « il bruinait, il faisait nuit ». « Le choc a fait exploser son pare-brise et l'impact a stoppé net le bus, qui a juste continué à avancer avec la force d'inertie. Le conducteur s'est levé, il s'est occupé des victimes, a ouvert les portes », a-t-elle précisé.

« Il a constaté que de la fumée sortait de l'arrière du bus et utilisé l'extincteur empêchant peut-être un incendie », a encore dit la magistrate.

En revanche, la garde à vue du chauffeur du camion a été prolongée et il pourrait être déféré samedi pour « homicides et blessures involontaires ».

La ridelle au cœur de l’enquête

La ridelle (paroi métallique maintenant en place le chargement) du camion-benne était ouverte et a éventré le bus scolaire en le croisant. Un automobiliste, qui a livré un témoignage spontané à la justice, a expliqué qu’il avait croisé le camion, peu avant que celui-ci croise le car scolaire, et que la ridelle était déjà ouverte. Il précise qu’il a dû faire un écart pour l’éviter.

Le chauffeur du camion, qui conduisait le véhicule depuis 3 ans, a expliqué lors de son audition qu’il avait signalé, mi-janvier, une fuite hydraulique dans le vérin arrière de la ridelle à sa hiérarchie. Mais cela n’aurait donné lieu à aucune réparation, selon le chauffeur.

« Des investigations sont en cours pour vérifier l'entretien du camion », a précisé la magistrate. Les carnets d'entretien du véhicule ont été saisis au siège de la société « pour vérifier la réalité de ces allégations » et « préciser l'incidence de cette fuite si elle a existé ». La suite de l’enquête devra déterminer si la responsabilité de son employeur peut être engagée.