Mercato des Girondins: «Au moins, ils ont tenté des coups», observe Pierre Ménès

FOOTBALL Les Girondins ont changé de stratégie cet hiver en optant pour un recrutement jeune et incertain…

Marc Nouaux

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Mauro Arambarri, Paul Bernardoni et Malcolm (de g. à d.), trois recrues des Girondins, lors du mercato d'hiver, le 1er février au Haillan, en Gironde.
Mauro Arambarri, Paul Bernardoni et Malcolm (de g. à d.), trois recrues des Girondins, lors du mercato d'hiver, le 1er février au Haillan, en Gironde. — M. Nouaux / 20 Minutes

Avec les arrivées de Debuchy, Arambarri, Malcolm et Bernardoni, Bordeaux a animé la fin du mercato hivernal tout en plongeant un petit peu plus dans l’inconnu sur le plan sportif. Si le renfort de l’ancien d’Arsenal présente des garanties immédiates pour la fin de saison, l’investissement réalisé sur des joueurs étrangers et très jeunes pour compenser le départ de deux des joueurs les plus utilisés depuis six mois, laisse perplexe.

« Oui mais au moins ils ont tenté des coups, on ne peut pas dire qu’ils n’aient rien fait et qu’ils se soient contentés de vendre, défend Pierre Ménès, un des consultants vedettes de Canal +. Bon, malheureusement, les deux dernières recrues étrangères de Bordeaux [Gajic et Pablo] n’ont pas été vraiment attrayantes. Quand on troque deux joueurs confirmés [Khazri et Saivet] contre deux jeunes prometteurs qui viennent de contrées lointaines, ça peut être un coup de génie ou un coup d’épée dans l’eau. En revanche, Debuchy, c’est un super coup, surtout à un poste où ils étaient en difficulté. »

Une stratégie pas entièrement assumée

Avec son recrutement, Bordeaux montre la voie qu’il compte emprunter même si ses dirigeants ne veulent pas pleinement l’assumer. « Je suis toujours étonné de voir que l’on pose la question de l’âge d’un joueur de football, fait mine d’être surpris Jean-Louis Triaud. On imagine qu’ils ont tous les trois un énorme potentiel et si on attend qu’il soit totalement avéré, ils ne seront plus disponibles pour Bordeaux. »

Si on avait un doute en termes de stratégie globale depuis six mois, on peut être rassuré. Les Girondins semblent tenir un cap. Celui d’acheter très jeune des joueurs inconnus en France et observés pendant plusieurs semaines afin d’espérer réaliser une plus-value sur eux dans les mois ou années à venir. Une politique liée à un certain fatalisme.

Sagnol a pu renouveler l’effectif

« Les clubs français sont tous dans la même logique aujourd’hui, analyse Ménès. Ils achètent des jeunes autour de quatre millions en espérant les revendre 25 plus tard. Et quand tu arrives au niveau de Monaco [qui recrute massivement des jeunes joueurs depuis deux ans], c’est la caricature. »

En attendant de savoir ce que valent vraiment tous ces jeunes, Willy Sagnol, l’entraîneur, a déjà obtenu ce qu’il voulait, c’est-à-dire un renouvellement de son effectif, même s’il aurait sans doute souhaité se séparer aussi de Lamine Sané, candidat au départ.

Reste à savoir si cela suffira sur le plan sportif pour atteindre une qualification européenne cette saison. Au regard de l’écart au classement (sept points entre Angers 3e et Lorient 12e), tout est encore envisageable.