Bordeaux: Alain Juppé assure n'en vouloir à «personne» et s'être «bonifié» avec l'âge

POLITIQUE Le maire de Bordeaux a donné une interview au magazine Society, dans laquelle il revient sur l'affaire de son appartement à Paris dans les années 1990 et sa condamnation dans l'affaire des emplois ficitifs...

M.B.

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Alain Juppé, lors de l'hommage aux victimes des attentats de Paris, à l'hôtel de ville de Bordeaux
Alain Juppé, lors de l'hommage aux victimes des attentats de Paris, à l'hôtel de ville de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes

Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et du centre et favori des sondages, dit s'être «bonifié» avec l'âge, dans un très long entretien au magazine Society paru ce vendredi.

Interrogé sur le fait de savoir si avec le temps, lui qui a 70 ans, il s'était «gauchisé» ou «humanisé», le maire de Bordeaux répond: «Gauchisé, je n'aime pas trop cette expression (...) Que je me sois bonifié, humanisé, en revanche, c'est une évidence: on n'est pas le même à 70 ans qu'à 20 ans! La vie vous forme, la vie vous cogne, la vie vous donne...»

«J'ai mis du temps à comprendre que j'avais fait une connerie»

Son nouveau logo «AJ! Pour la France» est assorti du slogan «un seul mandat, un seul président», car il a promis qu'il ne ferait qu'un mandat s'il était élu. Interrogé sur le renouvellement de la classe politique, lui qui fut Premier ministre il y a 20 ans, il dit qu'il s'y «emploie» dans son équipe avec «des gens de 30-35 ans.»

Interrogé sur l'affaire de son appartement à Paris dans les années 90, il la qualifie de «connerie qui a été surmédiatisée.» «Peut-être que j'avais un loyer légèrement inférieur à celui du marché, mais ce n'était pas une HLM. Et puis, je voyais tellement de responsables politiques ou de fonctionnaires qui étaient dans la même situation que j'ai mis du temps à comprendre que j'avais fait une connerie», a-t-il expliqué.

«Il y a eu un aspect sacrificiel» dans sa condamnation après l'affaire des emplois fictifs

Concernant l'affaire des emplois fictifs du RPR à la mairie de Paris et sa condamnation à un an inéligibilité en 2004, il affirme n'en vouloir à «personne.»

>> Replongez dans l'affaire des emplois ficitfs du RPR dans les années 1990...

«Il y a eu un aspect un peu sacrificiel dans tout ça», a-t-il estimé, disant avoir «assumé sa responsabilité» mais reconnaissant que cela avait été «un séisme.» «D'ailleurs, il m'a fallu du temps pour en sortir», a-t-il dit. Interrogé sur le fait de savoir s'il avait vu un psy: il a répond «Non, non, je suis allergique aux psys... (rires).»

Sarkozy ? «Essentiellement une différence de tempérament»

Comme il l'avait déjà affirmé, il explique que sa différence avec Nicolas Sarkozy est «essentiellement une différence de tempérament.» Il ne manque pas toutefois de marquer des différences avec le président du parti à plusieurs reprises dans cet entretien.

«Quand le président des Républicains dit que voter pour le FN ce n'est pas immoral, cela brouille complètement le message. Donc, là, j'ai un désaccord fondamental», explique-t-il par exemple.