Alain Juppé: «Je vais me battre pour éviter à la France un second tour Hollande-Le Pen»

POLITIQUE Le maire de Bordeaux est revenu sur les élections régionales et sa candidature aux primaires à droite...

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé, le 14 décembre 2015 à l'hôtel de ville de Bordeaux
Alain Juppé, le 14 décembre 2015 à l'hôtel de ville de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes

Le maire de Bordeaux, et candidat à la primaire à droite pour la présidentielle, Alain Juppé, s'est exprimé depuis Bordeaux ce lundi après-midi, après les élections régionales. Ce qu'il faut en retenir:

Sur le deuxième tour des Régionales:

« Le deuxième tour a été marqué par un rebond spectaculaire de la participation, une mobilisation vraisemblablement de l'électorat de gauche qui a permis de faire échec au Front National. N'oublions pas cependant le premier tour au cours duquel s'est manifesté une forte défiance à l'encontre des partis de gouvernement. Le résultat c'est zéro région pour le FN, mais près de 7 millions de voix. »

Sur les solutions à mettre en place pour endiguer le FN:

« Je ne veux pas d'une France livrée au Front National. Le président Hollande s'est refait une santé car il a pris les bonnes décisions après les attentats, parce qu'il y a eu la COP 21. Mais les problèmes subsistent ; les chiffres du chômage restent mauvais. Il nous faut reconquérir la confiance des Français. Il faut commencer par reconnaître nos défaillances et nos erreurs: les Français attendent de nous de la lucidité, et tous nos maux ne datent pas de 2012, il y a eu des erreurs depuis des décennies. Les politiques actuelles sont inefficaces, il en faudra d'autres, je continuerai à faire des propositions dans ce sens. Il faut des priorités, en numéro un l'emploi, ensuite la sécurité, les valeurs qui nous rassemblent, et l'égalité des territoires, car on voit bien que le Front National ne progresse pas dans les grandes villes mais dans l'espace rural qui a le sentiment d'être abandonné. Il faut faire partager aux Français une vision de la France, qui ne soit pas la France peureuse, protectionniste, mais compétitive, forte et de confiance. »

Alain Juppé à l'hôtel de ville de Bordeaux le 14 décembre 2015 - M.Bosredon/20Minutes

Sur l'organisation d'un conseil national des Républicains:

« Il y a eu l'annonce d'un conseil national, on verra ce qu'il peut s'y passer. Il est nécessaire de réfléchir sur la ligne politique, encore que le débat de savoir si on est trop à droite ou pas assez, me paraît être un débat de spécialistes qui n'intéresse pas les Français. Ce qui les intéresse c'est ce qu'on va faire pour sortir du piège dans lequel nous sommes en matière d'emploi. Il faut agir sur la compétitivité de nos entreprises, voilà la question qui les intéresse. »

Reste-t-il le mieux placé pour représenter son camp à l'élection présidentielle de 2017 ?

« Je vais me battre pour éviter à la France un deuxième tour Le Pen-Hollande. Et aujourd'hui avec un FN à 7 millions d'électeurs, c'est un risque qui existe, donc il ne faut pas faire les imbéciles. Pour cela il faut des primaires pour avoir un candidat qui ait la force et la légitimité suffisante pour aller au deuxième tour et le gagner. »

Sur la question de l'avancement du calendrier des primaires:

« Le débat doit être ouvert. J'étais favorable au départ à des primaires en juin, je trouvais que novembre c'était trop tard. Mais il fallait s'y prendre il y a un an. Maintenant, il faut qu'on me démontre que, techniquement, elles peuvent s'organiser d'ici à juin. Je rappelle qu'il y aura l'Euro de foot en juin, et cela amènera beaucoup de perturbations dans plusieurs villes. La seule chose qui m'importe c'est qu'elles soient organisées de façon transparente et impartiale et qu'on ne remette pas en cause ce qui a déjà été décidé sur les modalités d'organisation, comme la charte et l'ouverture. Cette organisation va prendre du temps, il ne faut pas des primaires bâclées par l'affolement général. »

Sur l'éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet de la direction des Républicains

« Tout est question de savoir comment on conçoit le parti ? Est-ce qu'il peut y avoir des opinions diverses ou est-ce qu'on doit être en colonne par un ? L'exclusion n'est jamais une bonne réponse. Il faut discuter et respecter les points de vue. Jean-Pierre Raffarin aussi a exprimé un point de vue différent. »

Sur le Tweet d'Isabelle Balkany:

Proche de Nicolas Sarkozy, la femme de Patrick Balkany, et première adjointe à Levallois (Hauts-de-Seine), a demandé via Twitter à Alain Juppé un commentaire sur les résultats des régionales dans sa ville de Bordeaux, où le candidat socialiste Alain Rousset est arrivé en tête :

« Pas de commentaire, a d'abord lancé le maire de Bordeaux, avant de lâcher: si je n'ai que ça comme adversaire... »