Bordeaux: Xiradakis tire sa révérence

GASTRONOMIE Le patron du célèbre restaurant La Tupina a annoncé ce jeudi qu'il prenait sa retraite, et mettait en l'ensemble de ses établissements bordelais...

Mickaël Bosredon

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Le restaurateur bordelais Jean-Pierre Xiradakis
Le restaurateur bordelais Jean-Pierre Xiradakis — S.ORTOLA/20MINUTES

C'est une véritable figure de la gastronomie du Sud Ouest qui tire sa révérence. Jean-Pierre Xiradakis prend sa retraite après avoir tenu depuis 1968 les rênes du restaurant La Tupina dans le coeur historique de Bordeaux. Il a annoncé ce jeudi au quotidien Sud Ouest avoir mis en vente La Tupina, ainsi que ses autres établissements, tous situés rue Porte-de-la-Monnaie.

Désigné « 2e Meilleur bistrot du monde » en 1998 par le critique gastronomique de l'International Herald Tribune, Patricia Wells, Jean-Pierre Xiradakis a estimé qu'« à 70 ans et après près de 50 ans consacrés aux métiers de la gastronomie, il faut savoir tirer un trait. La vie a été belle et elle continuera à l'être à la retraite. »

Un établissement acheté... 700 francs en 1968

Né à Blaye, dans le vignoble bordelais, dans une famille d'origine crétoise, il avait acquis en 1968 La Tupina (chaudron en espagnol), alors un petit bistrot, pour une « bouchée de pain » (700 francs de l'époque) avant d'en faire un restaurant fréquenté par nombre de personnalités politiques, économiques, sportives et du monde du spectacle, tant françaises qu'internationales. Les présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy, le chanteur Johnny Hallyday s'y sont notamment rendus.

Dans le Bordeaux historique du XVIIIe siècle, rue Porte-de-la-Monnaie, surnommée aujourd'hui « la rue gourmande », ce personnage truculent portait haut les traditions culinaires du Sud-Ouest, loin de « la nouvelle cuisine » ou de la cuisine moléculaire: tricandilles (tripes de porc grillées) et sanquette (crêpe de cou et sang de canard) gasconnes, foie gras et oie des Landes, piperade et pibales basques, garbure béarnaise, haricots tarbais bigourdans, lamproie girondine, asperges du Blayais, côte de boeuf et frites à la graisse d'oie faisaient le quotidien de la table.

Il va s'adonner à son autre passion: la marche

Une fois par an, en hiver, il organise aussi le rituel paysan de la tue-cochon, revisité en plein centre-ville, dans la rue.

Sa fille, Pauline, gérante de l'établissement, a précisé au quotidien Sud Ouest que le restaurant La Tupina, comme le Café Tupina, le restaurant de poissons Kuzina, le Bar-Cave, l'épicerie-bistrot Le Comestible et la maison d'hôtes Fredon, tous situés dans la même rue, étaient « à vendre. » Jean-Pierre Xiradakis indique qu'il va dorénavant s'adonner à son autre passion: la marche.