Bordeaux: Trois châteaux vent debout contre le classement des grands crus de Saint-Emilion

ECONOMIE Trois châteaux bordelais déchus du dernier classement des grands crus de Saint-Emilion, réalisé en 2012, ont démandé son annulation ce mardi devant le Tribunal administratif...

Elsa Provenzano

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Illustration de vignes dans l'appellation Saint-Emilion. (AP Photo/Bob Edme)/NYOTK/27539556849/1510301031
Illustration de vignes dans l'appellation Saint-Emilion. (AP Photo/Bob Edme)/NYOTK/27539556849/1510301031 — Bob Edme/AP/SIPA

Les enjeux commerciaux sont de taille dans cette affaire. Trois propriétaires de châteaux, déchus dans le dernier classement des grands crus de l’appellation Saint-Emilion (Croque-Michotte, la Tour du Pin Figeac et Corbin-Michotte) réalisé en 2012, ont déposé un recours pour le faire annuler. L’audience s’est tenue ce mardi devant le tribunal administratif de Bordeaux.

Les requérants contestent le sérieux de l’évaluation qui préside au classement, évoquant des erreurs, des reproches illégitimes sur leur façon de travailler et un non-respect de certains points de la réglementation. On ignore encore la date à laquelle le juge rendra sa décision.

Le classement de 2006 déjà annulé

Il y a un précédent puisque le classement de 2006 avait été contesté par huit châteaux évincés. Et; le 1er juillet 2008, le Tribunal Administratif de Bordeaux a annulé l’arrêté interministériel du 12 décembre 2006 homologuant le classement des crus d’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion Grand Cru ».

Depuis 1955, contrairement aux Médoc, le classement des grands crus de l’appellation Saint-Emilion est révisable tous les dix ans. Le challenge consiste bien sûr pour les châteaux de l’appellation à apparaître dans ce classement prestigieux des premiers grands crus classés (A et B) et grands crus classés et à y rester. C'est aussi l'histoire de leurs vignobles qui est en jeu.

« Il y a de fortes précautions prises par l’Etat et l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) à qui ont mis en place une commission de classement extérieure qui s’est elle-même appuyée sur des organismes certificateurs. Des dégustations et des audits ont eu lieu et le classement a été approuvé par les ministères de l’agriculture et des finances », explique Franck Binard, directeur du conseil des vins de Saint-Emilion.

« Défendre un bien collectif »

Les dégustations se font sur les 10 derniers millésimes pour les prétendants aux grands crus classés et sur 15 pour les premiers grands crus classés. Le classement 2012 en distingue respectivement 18 et 64.

Le conseil des vins de Saint Emilion intervient en soutien du ministère dans cette affaire. « Nous ne sommes pas là pour nous opposer aux trois requérants mais pour défendre un bien collectif », insiste Franck Binard, qui ne souhaite pas s’exprimer sur les détails de l’affaire à ce stade.