Virginie Calmels (LR-UDI-Modem), ancienne patronne d'Endemol en compagnie d'Alain Juppé dont elle est la première adjointe à Bordeaux. Credit:Ugo Amez/SIPA/1512061705
Virginie Calmels (LR-UDI-Modem), ancienne patronne d'Endemol en compagnie d'Alain Juppé dont elle est la première adjointe à Bordeaux. Credit:Ugo Amez/SIPA/1512061705 — SIPA

ELECTIONS

Régionales 2015: Calmels, propulsée par Juppé, n'arrive pas en tête mais fait trembler le PS

Au premier tour, la candidate de la droite et du centre n'est distancée que de 3 points par le candidat socialiste, en position de force sur le territoire Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes...

Virginie Calmels, un nom qui était inconnu à beaucoup il y a seulement 18 mois. L’ancienne dirigeante au sein de Canal + et Endemol est devenue la première adjointe du maire de Bordeaux Alain Juppé en mars 2014.

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Celle qui s’est rapidement imposée dans le cercle des conseillers de l’ancien premier ministre a été propulsée tête de liste de l’union de la droite et du centre pour les régionales en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, à partir d’avril.

Elle recueille ce dimanche, au premier tour du scrutin, 27,2 % des suffrages face à Alain Rousset, président de la région Aquitaine sortant depuis 18 ans, qui enregistre 30,4 % des voix. « C'est déjà une victoire car il y a six mois, personne n'aurait imaginé qu'il y ait seulement trois points d'écart. Et 27 % c'est un score encourageant pour le second tour », estime Virginie Calmels. 

« Alain Juppé est heureux de ce que j'apporte, c'est un nouveau souffle, une autre façon de faire de la politique », estime t-elle.

« Elle apprend vite »

« Elle est déjà très aiguisée, elle sait parfaitement y faire » estime Jean Petaux politologue à Sciences Po Bordeaux. Elle a réagi dimanche soir en disant qu’elle ne croyait pas elle-même aux sondages qui la donnaient en tête devant le candidat socialiste sortant. « Mais depuis mercredi, elle pensait avoir doublé Rousset », assure le politologue. Pour lui elle manie déjà bien le langage politique, « elle apprend vite » !

Elle a insisté sur le fait qu’elle et son rival socialiste sont « au coude à coude », restant très optimiste sur ses chances de l’emporter. Alain Juppé a salué le dynamisme de sa campagne dimanche soir et a appelé les abstentionnistes à se mobiliser derrière elle.

Si le candidat socialiste est bien positionné pour emporter le second tour dimanche prochain, notamment puisqu'il présente une liste fusionnée avec la candidate EELV Françoise Coutant, Virginie Calmels met toutes ses forces dans la bataille, s’adressant dimanche soir à l’électorat du Front National.

« Je m'adresse à tous les électeurs, je ne pense pas qu'il y ait des électeurs nobles et d'autres pas nobles. Je leur rappelle simplement qu'en s'abstenant ou en votant FN, ils permettent à un classique de la politique de se maintenir un quart de siècle, tout en reconduisant le même programme », estime t-elle.

Le politologue Jean Petaux estime que cet « appel » à faire barrage au parti socialiste a été maladroit et trop rapide. Il suggère que même parmi son équipe certains, notamment au centre, ont pu être mal à l’aise.

A quelques jours du second tour, elle met PS et FN dans le même bateau, considérant qu'ils jouent tous les deux sur la peur, « celle des attentats, des islamistes pour le Front National et pour le PS, celle d'une femme qui vient de l'entreprise, évoquant la menace d'une baisse des avantages sociaux », souligne Virginie Calmels.

Ce serait « une énorme surprise », selon les termes de Jean Petaux, que la candidate de la droite et du centre l’emporte au second tour mais elle a fait trembler le camp socialiste bien implanté dans cette nouvelle région du Sud-Ouest, ce qui est déjà une petite victoire pour elle et son mentor Alain Juppé.