Ligue 1: Les Girondins encore loin de décréter l’état d’urgence malgré les mauvais résultats

FOOTBALL Bordeaux traverse un très mauvais début de saison avec moins d’un tiers de ses matchs remportés mais comme d’habitude, ne cède pas à la panique…

Marc Nouaux

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Les Girondins de Bordeaux abattus, lors de leur défaite (1-4) contre Caen, le 29 novembre 2015. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Les Girondins de Bordeaux abattus, lors de leur défaite (1-4) contre Caen, le 29 novembre 2015. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT — AFP

Une crise ? Quelle crise ? Où ça, une crise ? Ne vous inquiétez pas, les Girondins ne vont pas si mal. Quatorzièmes de Ligue 1 après quinze journées, éliminés de la phase de poules de la Ligue Europa avant le dernier match, incapables de gagner le moindre match de championnat à l’extérieur et coupables de passer complètement au travers sur certains rendez-vous (Nice, Lorient, Ajaccio, Caen), ils ne basculent toujours pas dans la sinistrose.

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Pas de signes apparents d’inquiétude, seulement de la « honte » de prendre une raclée à domicile face à Caen, de la « tristesse » de voir son public partir assez tôt pendant le match et l’amour-propre un peu touché, tout de même. Le bilan depuis le début de la saison, ne semble pas non plus trop les alarmer. En 24 matchs toutes compétitions confondues, Bordeaux ne s’est imposé que 7 fois, a concédé 9 nuls et s’est incliné 8 fois. Le pourcentage de succès, moins de 30 %, a de quoi faire dresser les poils sur le bras. Mais visiblement, c’était attendu.

Une énième soufflante de Triaud

« On sait, depuis cet été, que cela va être une saison délicate car on a plus de matchs avec l’Europa League et qu’on a pas un effectif très fourni », répète depuis plusieurs semaines Willy Sagnol, l’entraîneur, qui semble tourner en rond. Et c’est bien ça qui inquiète, alors que l’on a dépassé le tiers du championnat. Le club manque de moyens pour recruter au mercato – « J’ai l’impression que c’est encore loin », a commenté Sagnol à ce sujet – et en interne, on a l’impression qu’il n’y a tout simplement pas les ressources pour faire mieux.

Ce lundi matin, les joueurs ont eu droit à une énième réunion imposée par le président, Jean-Louis Triaud, qui a dû leur rappeler les principes de base, puis, ils ont revu le match de Caen à la vidéo. Au bout d’une heure et demie, ils sont enfin sortis pour se livrer à un footing. Quelques remplaçants ont touché le ballon mais rien de plus. Dans deux jours, ils se déplaceront à Bastia, dans un contexte qu’ils imaginent hostile.

« Je fais une conférence, mais ça ne sert à rien »

En cas de défaite en Corse, Bastia reviendrait à la hauteur des Girondins qui sentiraient encore un peu plus sur leur nuque le souffle de la menace d’une relégation. « Je ne suis pas du genre à penser ça, refuse le gardien, Cédric Carrasso. Je pense qu’on a une réelle possibilité de jouer autre chose. On a des carences mentales dans la gestion des matchs. On a toujours espoir et envie que ça change, on veut tout mettre en œuvre pour que ça change, moi le premier. »

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L’état d’urgence n’est donc pas déclaré au Haillan. Comme ils ont l’habitude de faire après avoir pris une claque, les joueurs devraient montrer un autre visage lors des prochains matchs. Ils diront qu’ils ont « retrouvé de la solidarité » et qu’ils sont « redevenus une équipe ». En attendant, cela ne sert plus à grand-chose de parler et le jeune attaquant, Enzo Crivelli, l’a assez bien résumé avec autant de fraîcheur devant les micros que sur le terrain. « Il n’y a que le terrain qui compte… là, je fais une conférence, mais ça sert à rien ! [sourires] »