Gironde: L'agression contre un kébab de Blaye n'avait rien de raciste

ENQUETE La gendarmerie de la Gironde fait le point sur l'affaire de violences à l'encontre d'un kébab de Blaye. Il s'agirait d'un réglement de comptes...

Mickaël Bosredon

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Illustration d'un Kebab.
Illustration d'un Kebab. — Clive Sawyer PCL/SUPERSTOCK/SIPA

Les faits de violence contre un kébab de Blaye (Gironde), n'avaient donc rien de raciste. Et ils sont encore moins liés aux attaques terroristes de Paris. C'est ce qu'a tenu à préciser la gendarmerie de la Gironde, « après cinq jours d'investigation des enquêteurs de la compagnie de Blaye. »

Les faits étaient survenus le dimanche 15 novembre au soir, et avaient été révélés par Sud Ouest le 19 novembre. Le quotidien régional était le premier à parler d'agression raciste, et expliquait alors qu'un « coup de feu aurait été tiré devant le kebab La Medina », dans le centre-ville. « Six à sept jeunes ont alors vociféré des menaces de mort et des insultes racistes » affirmait Sud Ouest.

La gendarmerie dénonce le relais médiatique

L'information était reprise par 20Minutes le 19 novembre (qui n'a pas fait de lien avec les attentats de Paris, mais soulignait que les faits survenaient dans le contexte de ces attentats), France 3 et France Bleu, puis par l'AFP le 20 novembre.

 

 

Le restaurateur, cité dans la dépêche de l'agence AFP, expliquait alors que « deux voitures, avec au moins cinq ou six personnes à l'intérieur, se sont garées devant le restaurant. Ils étaient armés d'un fusil et ils ont tiré un coup de feu sur la façade. Ils avaient aussi une batte de baseball et un couteau. Et ils ont crié sales arabes et terroristes. »

« De nombreux media ont relayé, de manière très raccourcie, l'agression survenue dimanche soir d'un propriétaire de kebab par des individus, en la qualifiant d'agression raciste et en reliant parfois ces faits aux attentats de Paris » dénonce aujourd'hui la gendarmerie.

« Aucun propos raciste n'aurait été proféré »

Elle explique que cinq individus se sont présentés devant le kebab dimanche 15 novembre, pour se venger. Une semaine plus tôt, le propriétaire du kebab avait en effet aspergé de bombe lacrymogène une de ces personnes, qui accompagnait un ami en train d'uriner à proximité du kebab. Le 15 novembre, les cinq personnes ont alors cassé une vitre de l'établissement, puis tiré un coup de feu en l'air et un second une centaine de mètres plus loin.

« Aucun propos raciste n'aurait été proféré », souligne la gendarmerie, qui garde néanmoins le conditionnel sur ce point, « il n'y a aucun lien avec les attentats de Paris, et les coups de feu ont été tirés en l'air et non contre le kebab ou une quelconque personne, même si un impact a touché une façade de maison à proximité et celle du kebab » ajoute-t-elle.

Au final, sept personnes impliquées, dont le restaurateur, ont été présentées au procureur de la République. « Les trois protagonistes du groupe d'individus, le tenancier de kébab et le propriétaire du fusil ont tous écopé de peines de prison, avec sursis pour certains et sans pour d'autres. »