Bordeaux: Le recteur Oubrou estime les mosquées menacées par les terroristes

RELIGION Le grand imam de Bordeaux a prêché ce matin devant 600 fidèles à la grande mosquée de Bordeaux...

E.P. avec AFP

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Les représentants des différents cultes ont appelé à défiler en hommage aux victimes des attentats.
Les représentants des différents cultes ont appelé à défiler en hommage aux victimes des attentats. — E.Provenzano / 20 Minutes

Il n’a pas mâché ses mots. Le grand imam de Bordeaux et recteur de la mosquée Tareq Oubrou a mis en garde les 600 fidèles venus assister ce vendredi à son prêche, contre le terrorisme sans limites au nom du djihadisme.

« Je pense que la prochaine étape ce sont des mosquées »

La « barbarie inqualifiable » à l’œuvre dans les attentats de Paris « nous interpelle tous, car on n’est pas à l’abri de cette violence. Demain, ou après-demain, il y aura un truc ici, à la mosquée. Parce que je pense que la prochaine étape ce sont des mosquées », a-t-il déclaré.

Dans certains pays au Moyen-Orient « on fait exploser des mosquées » au nom de l’islam, a-t-il relevé. « Incroyants, non-musulmans, chiites, sunnites, pratiquants ou non… Ils (les terroristes) n’ont rien épargné. Même pas les mosquées ! Ils n’ont rien à voir avec l’islam », a ajouté l’imam.

« Le terrorisme n’a pas de pensée, pas de doctrine, pas de projet », a-t-il ajouté, rappelant aux quelque 600 fidèles réunis que « le terrorisme a tué plus de musulmans que de non-musulmans ».

Théoricien d’un « islam occidental »

Dans un sermon vigoureux d’environ une demi-heure, en arabe puis en français, l’influent imam de Bordeaux, considéré comme le théoricien d’un « islam occidental », a appelé les musulmans de France à « changer leur logiciel » et se défaire d’une « culture d’assiégés » dans laquelle beaucoup ont grandi ou ont été élevés.

« J’ai l’impression que le monde musulman souffre de l’intérieur. Les musulmans n’ont pas le logiciel qui leur permet de vivre normalement avec les autres ». La responsabilité, selon Tareq Oubrou, incombe en partie aux « savants de l’islam ». C’est à eux qu’il revient de « reformuler un logiciel qui permette aux musulmans d’être en harmonie avec Dieu tout en étant en harmonie avec les autres ».

Le grand imam, considéré comme une figure libérale de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans), n’a pas souhaité lire le texte transmis par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) aux mosquées et devant servir de « ligne directrice » pour le prêche de ce vendredi, à la suite des attentats. « Je n’attends de texte d’aucune institution et fais mes sermons sans papier », a-t-il expliqué.