Bassin d'Arcachon: Les parcs à huîtres sous surveillance pour éviter les vols

ECONOMIE En 2014 environ 3 tonnes d'huitres ont été dérobées aux ostréiculteurs du Bassin...

Elsa Provenzano

— 

Pyla-sur-Mer, 30 aout 2012. - Ostreiculture sur le banc d'Arguin face a la dune du Pyla. Ostreiculteurs. Huitres. - Photo : Sebastien Ortola
Pyla-sur-Mer, 30 aout 2012. - Ostreiculture sur le banc d'Arguin face a la dune du Pyla. Ostreiculteurs. Huitres. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

« On a intensifié notre surveillance depuis quelques jours et on fait des contrôles lors des marées qui peuvent être favorables aux vols », explique Christophe Corberans, adjudant à la brigade nautique d’Arcachon.

A l’approche des fêtes de fin d’année, période durant laquelle les ostréiculteurs réalisent une part important de leur chiffre d’affaires, les parcs à huîtres bien remplis des concurrents attisent les convoitises. Or les professionnels ne peuvent pas assurer leurs denrées puisqu’elles sont stockées dans un espace ouvert.

« Je me suis fait voler 1,5 tonne »

L’an dernier, trois tonnes de ces précieux coquillages ont été dérobées à des ostréiculteurs par d’autres professionnels. Un chiffre peu élevé au regard des 10.000 tonnes produites environ sur le Bassin. « Je me suis fait voler 1,5 tonne sur mes parcs, soit 7.000 euros de pertes. J’ai porté plainte et cela suit son cours… », déplore Cyril Hardouin, ostréiculteur à Gujan Mestras.

Pour lui, vu le volume dérobé, il n’y a pas de doute c’est un professionnel qui a fait le coup. Les années précédentes il a aussi fait l’objet de vols de quelques centaines de kilos. « Il faut un bateau particulier pour pouvoir embarquer les sacs d’huîtres », estime Christophe Corberans, confirmant ainsi la responsabilité de personnes de la profession.

Des numéros simplifiés pour mieux repérer les ostréiculteurs

Un numéro simplifié pour les plaques d’immatriculation destinées aux embarcations des 350 ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon vient d’être mis en place, à l’initiative du comité régional conchylicole. Il doit permettre aux gendarmes d’identifier plus facilement les plaques.

Mais pour Cyril Hardouin « ça ne change rien au problème ». Il préférerait que des GPS soient installés sur les bateaux mais il reconnaît que « c’est une solution coûteuse », tout en rappelant que le vol de ses huîtres a engendré un sérieux manque à gagner pour lui, a fortiori pendant une année où il y avait une forte mortalité.

La surveillance des parcs par les gendarmes existe depuis 2004 et concerne les 160 km2 du Bassin d’Arcachon. Les gendarmes de la brigade nautique d’Arcachon font des patrouilles « de jour comme de nuit, en s’adaptant au rythme de travail des ostréiculteurs », précise l’adjudant, et contrôlent tous ceux qu’ils croisent. Un hélicoptère basé à Mérignac est aussi dépêché en renfort. Des « gardes jurés », c’est-à-dire des ostréiculteurs volontaires fournissent également des renseignements pour aiguiller les opérations des gendarmes.

Les vols sont en diminution. L’année noire reste 2009, puisque 18 tonnes d’huîtres avaient été subtilisées dans les parcs. Quelque 4 tonnes ont disparu en 2013 et 3 tonnes en 2014.