Attentats à Paris: Juppé estime la France « un peu seule » en Europe, face à Daesh

POLITIQUE Alain Juppé, ex-ministre des affaires étrangères s'est exprimé en marge de la minute de silence observée dans la cour de l'hôtel de ville...

E.P. avec AFP

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Alain Juppé lors du moment de recueillement organisé lundi en hommage aux victimes des attentats perpétrés à Paris.
Alain Juppé lors du moment de recueillement organisé lundi en hommage aux victimes des attentats perpétrés à Paris. — M.Bosredon / 20 MInutes

Un appel au « réveil » de l’Europe a été lancé ce lundi par Alain Juppé, maire de Bordeaux et ex-ministre des Affaires étrangères. « Où est l’Europe ? L’Europe est aux abonnées absents », a-t-il déploré après les attaques terroristes sur Paris, et revendiquées par Daesh, qui ont fait 129 victimes à Paris. Alain Juppé, qui s’est exprimé en marge d’un moment de recueillement organisé dans la cour de l’hôtel de ville, estime la France « un peu seule » sur le terrain dans la lutte contre le groupe Etat Islamique.

« Nous enregistrons des messages de compassion du Premier ministre britannique (David Cameron), de la Chancelière allemande (Angela Merkel), de tous les chefs d’Etat européens, mais nous sommes un peu seuls sur le terrain. Nous sommes un peu seuls au Proche-Orient, et en Afrique, nous sommes tout à fait seuls », a déclaré Alain Juppé candidat à la primaire à droite pour la présidentielle.

« C’est la sécurité de l’Europe qui est en cause »

« Il faut que l’Europe se réveille. C’est la sécurité de l’Europe qui est en cause aujourd’hui. On parle beaucoup de cette crise migratoire exceptionnelle, de ces réfugiés qui affluent par centaines de milliers. C’est très directement lié à la situation au Proche-Orient », a insisté l’ancien Premier ministre. « La France ne peut pas être seule à prendre ses responsabilités dans ce domaine », a-t-il demandé.

« Schengen s’est effondré »

Pour l’ex-ministre des Affaires étrangères, « Schengen s’est effondré ». « Nous avons été incapables de lui donner les moyens de fonctionner, nous n’avons pas su donner à Frontex les moyens de surveiller les frontières extérieures de Schengen. Cela fait des mois que je demande des garde-frontières européens », a-t-il poursuivi.

« Il n’y a pas d’autres solutions qu’une solution coordonnée avec les Etats membres, on le voit bien aujourd’hui avec la Belgique. Il faut qu’on le fasse ensemble et il faut que la France reprenne l’initiative dans ce sens », a encore dit le maire de Bordeaux, demandant que la « question de la défense européenne revienne rapidement sur le tapis ».