Charente: Un réseau bien rodé escroquait sur Le Bon Coin

FAITS DIVERS Les gendarmes ont mis au jour une vaste escroquerie sur le site Le Bon Coin. Elle s'opérait grâce à la complicité de bars-tabac...

Mickaël Bosredon

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Capture d'écran du site internet Le Bon  Coin.
Capture d'écran du site internet Le Bon Coin. — leboncoin.fr

On sait pourtant qu'il faut se méfier des annonces trop alléchantes sur Le Bon Coin. Il n'empêche que 44 victimes ont été recensées dans une vaste escroquerie mise en place sur le site de petites annonces, relate La Charente Libre.

Le principal suspect, un Charentais de 33 ans, est soupçonné d'avoir réalisé des transferts d'argent vers des pays d'Afrique entre 2011 et 2015, grâce à la complicité de deux gérants de bar-tabac du département.

Des voitures mises en vente 5.000 euros en-dessous de leur cote

Les suspects auraient mis en vente des voitures jusqu'à 5.000 euros en dessous de leur cote, ou encore des appareils électroniques et des locations saisonnières à des prix défiant toute concurrence. Les clients devaient régler une avance par mandat cash sur un site sécurisé, puis ils étaient redirigés sans le savoir vers un faux site.

« Les escrocs récupéraient ainsi les codes secrets utiles au paiement afin d'en recevoir la somme correspondante. Lorsque la victime s'apercevait de la supercherie, le mandat était déjà encaissé » explique la gendarmerie. Le réglement était détourné et envoyé en Afrique, grâce à la complicité des bars-tabac qui recueillaient l'argent.

Un préjudice de 120.000 euros

Les gendarmes de Segonzac avaient été saisis de l'affaire en 2011 suite à une plainte qui avait permis de localiser un suspect dans le secteur de Segonzac. « Au total, après une longue enquête menée par la communauté de brigades de Segonzac, secondée par des gendarmes spécialistes des nouvelles technologies, 44 victimes domiciliées sur l'ensemble du territoire national ont été identifiées pour un préjudice global de près de 120.000 euros. »

Trois Charentais (dont deux buralistes) et deux personnes résidant en Afrique ont été confondus et mises en cause dans cette affaire.  Les trois principaux mis en cause, qui ne seraient que des maillons d'une chaîne bien plus vaste, seront renvoyés devant le tribunal correctionnel.