Procès des écoutes Bettencourt: Le tuteur de la milliardaire remercie l'ancien majordome

JUSTICE Olivier Pelat estime que si le maître d'hôtel n'avait pas enregistré les conversations privées, la vieille dame aurait continué à être abusée...

Elsa Provenzano

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Pascal Bonnefoy, l'ancien maître d'hôtel de Liliane Bettencourt, à l'origine des enregistrements clandestins./AMEZUGO_134419/Credit:Ugo Amez/SIPA/1511031354
Pascal Bonnefoy, l'ancien maître d'hôtel de Liliane Bettencourt, à l'origine des enregistrements clandestins./AMEZUGO_134419/Credit:Ugo Amez/SIPA/1511031354 — SIPA

Le tuteur de l’héritière de l’Oréal, Olivier Pelat, s’est brièvement exprimé à la barre du tribunal correctionnel de Bordeaux ce mardi pour soutenir l'ancien majordome de Liliane Bettencourt qui comparait avec cinq journalistes jusqu’à jeudi, pour atteinte à l’intimité de la vie privée.

« Ce qu’il a fait était nécessaire »

L’ancien maître d’hôtel de la milliardaire, Pascal Bonnefoy, a régulièrement installé deux dictaphones dans le bureau de sa patronne entre mai 2009 et mai 2010. Les enregistrements réalisés ont été confiés à la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt Meyers et ont relancé la tentaculaire affaire Bettencourt, fin 2010. « Ce qu’il a fait était nécessaire. S’il n’avait pas été là, elle aurait été abusée encore davantage. Je demande au tribunal de le relaxer. Je parle avec mon cœur », a lancé le tuteur de la milliardaire.

Pascal Bonnefoy a été entendu au premier jour du procès, ce mardi. Ce quinquagénaire a été au service de la famille Bettencourt pendant 21 ans, d’abord comme valet de chambre puis comme maître d’hôtel. Il confie avoir fait allégeance à cette famille, parlant avec beaucoup d’émotion d’André Bettencourt, le mari de Liliane Bettencourt, qu'il considère comme un « père spirituel ». Aujourd’hui, il tient un hôtel avec son épouse dans les Côtes d’Armor.

Des enregistrements pour se défendre…

Il a expliqué au tribunal qu’après la mort d’André Bettencourt en 2007, François-Marie Banier, ami proche de la milliardaire et principal prévenu du volet abus de faiblesse, s’est livré à une « chasse aux sorcières » pour faire licencier « tous les proches de Monsieur », dont le maître d’hôtel fait partie. Une rumeur raconte alors qu’il a témoigné contre François-Marie Banier auprès de la brigade financière, ce que dément formellement l’intéressé. « J’ai alors décidé de faire ces enregistrements pour me défendre », a expliqué le prévenu à la barre.

…et protéger sa patronne

Témoin de l’emprise grandissante du photographe sur Liliane Bettencourt, il espère aussi recueillir des « confessions de maltraitance » et des preuves que beaucoup de gens dans l’entourage de sa patronne « profitent d’elle alors qu’elle est vulnérable ».

Il a parlé de son entreprise à son avocat mâitre Antoine Gillot le 28 janvier 2010, qui l’informe qu'elle est  illégale, mais il continue et réalise plusieurs enregistrements après cette date. Pour expliquer cette transgression en toute conscience, il explique attendre que Banier tombe le masque. Mais celui-ci se trouve plus souvent dans la chambre de la milliardaire et le maître d’hôtel, par respect pour sa patronne explique-t-il, n’a pas voulu réaliser d’enregistrements dans cette pièce.

Pascal Bonnefoy risque un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.