Equipe de France de volley: Le Bordelais Pierre Pujol évoque «la pression constante» pour les JO de Rio

VOLLEY Le Bordelais, récent champion d’Europe de volley avec les Bleus, a le regard fixé sur le tournoi pré-olympique de janvier…

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Pierre Pujol lors de la victoire en demi-finale de l'euro de volley qui se disputait en octobre 2015.
Pierre Pujol lors de la victoire en demi-finale de l'euro de volley qui se disputait en octobre 2015. — SIPA

Cela fait presque quinze ans qu’il a quitté la Gironde mais Pierre Pujol ne l’oublie jamais. Il est un vrai Bordelais et le rappelle partout où il passe. Actuellement à Cannes, le volleyeur, qui a été capitaine de l’équipe de France, évoque son retour gagnant en Bleu, avec qui il a remporté le titre de champion d’Europe il y a deux semaines, ainsi que la perspective des JO qui auront lieu à Rio l’été prochain.

Comment jugez-vous le traitement médiatique autour de votre titre européen?

Je trouve ça bien car les médias importants, en plus du net, se sont intéressés à nous. Les télés ou les gros journaux nous ont accordé de l’importance, ce qui a permis de se rapprocher du grand public et les papiers que l’on a eu, généralement, ont réussi à promouvoir nos valeurs et c’est très important.

Dommage que la Coupe du monde de rugby vous ait fait de l’ombre…

C’est moche, je ne suis pas partisan qu’un sport se casse la gueule pour que ça profite à l’autre mais si la France n’avait pas perdu contre les Blacks, on n’aurait pas autant parlé de nous. Le fait qu’ils prennent une branlée nous a profité.

Cap sur les JO, maintenant (le tournoi pré-olympique aura lieu en janvier à Berlin)?

Oui, il y a des objectifs en club mais on ne peut pas se permettre de ne pas aller aux JO. Tous les joueurs pensent à ce tournoi.

Ce titre européen vous met la pression?

Exactement, ça te met une pression constante. Dans les discussions, que je peux avoir avec mes potes ou mes coéquipiers de la sélection, le tournoi de janvier revient très vite. Encore hier [lundi] j’ai eu deux ou trois joueurs de la sélection au téléphone, au bout de deux-trois minutes, on parle de ce tournoi. Je suis impatient de voir la sélection du coach et impatient d’y être. Cette coupure en club est la bienvenue mais il est temps d’arriver à janvier.

Comment gérez-vous cette attente?

On a un club à respecter donc il faut être à fond sinon on va se faire pourrir. La gestion des temps de récupération est primordiale. Je ne cache pas que l’on a eu un bon sas de décompression après le titre [il rit]. Mais maintenant, on fait vraiment attention à ce que l’on fait et on accorde beaucoup d’importance aux étirements après les séances.

En tant que Bordelais, vous regrettez toujours l’absence d’un club de volley d’élite en Gironde?

Je suis un vrai Bordelais, c’est sûr! Pour moi, c’est la plus belle ville. Ca me déçoit car on a eu un club historique qui avait des résultats. Pour moi, il y a la place pour du foot, du rugby et un sport de salle, comme le volley.

Pas possible du coup d’y finir votre carrière, voire de racheter un club comme Boris Diaw (le capitaine de l’équipe de France de basket a investi dans les JSA en 2011)?

C’est vrai que ça m’aurait fait kiffer, c’était mon rêve de terminer ma carrière ici mais ce ne sera pas possible. Et acheter un club non plus… Je n’ai pas les mêmes moyens que Boris Diaw. Je n’en suis pas trop loin, hein, mais il en manque quand même [rires].