Bettencourt : « Des faits graves qui ne pouvaient pas ne pas être rendus publics », selon le journaliste Lhomme

JUSTICE L'un des journalistes de Médiapart raconte à la barre pourquoi il a tenu à traiter cette affaire qui sert selon lui l'intérêt général...

Elsa Provenzano

— 

Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, journalistes à Médiapart au moment de l'affaire.
Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, journalistes à Médiapart au moment de l'affaire. — E.Provenzano / 20 Minutes

Fabrice Lhomme, ancien journaliste de Médiapart, est jugé jusqu’à jeudi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, pour atteinte à l’intimité de la vie privée avec quatre autres journalistes et le majordome de Liliane Bettencourt, à l’origine des enregistrements clandestins qui ont déclenché cette affaire. Il a participé au lancement de Médiapart, le site d'informations dans lequel il a travaillé entre 2008 à 2011. Depuis cette date il travaille au Monde, en tant que journaliste d’enquête.

Les articles parus sur Médiapart traitent de faits plus large que l’état de santé de Liliane Bettencourt, il est question notamment de fraudes fiscales, d’interventions de l’Elysée dans l’affaire Bettencourt et de conflits d’intérêts.

« C'est la définition même du journalisme »

« Quand on a eu connaissance des enregistrements, on a fait notre travail de journaliste avec Fabrice Arfi (également prévenu dans cette affaire). On a vérifié tout ce qu’il était possible de vérifier et on a publié quand on avait assez d’éléments. Cela nous est apparu flagrant que c’était pour l’intérêt général car il est question de faits gravissimes. Nous avons choisi et hiérarchisé les extraits des enregistrements », explique-t-il. Les enregistrements ont été passés au peigne fin pour vérifier à qui appartenaient les voix et qu’il n’y avait pas de trucages.

« Le curseur pour différencier atteinte à la vie privée et légitime information n’est pas facile. Les journalistes en sont-ils les seuls garants? », interroge le président. « Tout notre travail, c’est de décider si une info est digne d’être rendue publique, de vérifier qu’elle n’est pas diffamatoire. C’est la définition même du journalisme », répond Fabrice Lhomme

Il a rappelé que sans les enregistrements, l’affaire n’aurait jamais prospéré ni même existé et le tribunal n’aurait pas été amené à prononcer des peines sévères dans le volet abus de faiblesse.