Affaire Bettencourt: L'ancien majordome et cinq journalistes jugés à Bordeaux

JUSTICE Le volet atteinte à l'intimité de la vie privée de Liliane Bettencourt s'ouvre du 3 au 5 novembre devant le tribunal correctionnel...

Elsa Provenzano

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Edwy Plenel, cofondateur et président de Médiapart. Lancer le diaporama
Edwy Plenel, cofondateur et président de Médiapart. —

Du 3 au 5 novembre s’ouvre un nouveau volet de l’affaire Bettencourt devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, en lien direct avec le captage des conversations privées de Liliane Bettencourt et de leur diffusion.

Pascal Bonnefoy comparait pour atteinte à la vie privée de l’héritière de l’Oréal, dont il était le majordome. Il a déposé un dictaphone dans le bureau de l’hôtel particulier de la milliardaire, recueillant, entre mai 2009 et mai 2010, les enregistrements clandestins à l’origine de l’affaire.

Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, journalistes à Médiapart, Henri Gattegno, du Point, et les responsables éditoriaux respectifs de ces deux médias, Edwy Plenel et Franz-Olivier Giesbert, sont jugés pour avoir fait état du contenu de ces enregistrements dans des articles, à compter du 14 juin 2010 sur le site de Mediapart et du 16 juin dans l’hebdomadaire Le Point.

Chronologie de l’affaire

Les enregistrements ont relancé l’enquête sur l’affaire Bettencourt en 2010. Françoise Bettencourt-Meyers porte plainte le 19 décembre 2007, pour abus de faiblesse au préjudice de sa mère, auprès du procureur de la République de Nanterre. La plainte a été classée sans suite le 2 septembre 2009. Mais le 10 juin 2010, un coursier dépose à la brigade financière des CD-Roms de la part de Françoise Bettencourt-Meyers sur lesquels figurent les enregistrements réalisés par l’ancien maître d’hôtel.

Une information judiciaire est ouverte le 29 octobre 2010 et les juges d’instruction chargés du dossier décident de le fractionner en plusieurs volets dont celui d’atteinte à l’intimité de la vie privée, le 28 janvier 2011.

Une saga judiciaire

De janvier à février s’est tenu le principal volet de l’affaire relatif à l’abus de faiblesse. François Marie Banier, photographe et ami intime de la milliardaire, a été condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, et à une amende de 350.000 euros, le 28 mai 2015. Le tribunal a aussi estimé qu’il devait verser plus 158 millions d’euros au tuteur de Liliane Bettencourt. Lui et six autres prévenus ont fait appel et seront jugés de nouveau du 10 au 27 mai.

En mars, Eric Woerth et Patrice de Maistre ont été jugés pour trafic d’influence et relaxés. En juillet, la magistrate Isabelle Prévost Desprez poursuivie pour violation du secret professionnel a été relaxée mais le parquet a fait appel de la décision.

Jugé début octobre dans le volet abus de faiblesse, l’ancien infirmier de la milliardaire (qui avait tenté de mettre fin à ses jours la veille de l’ouverture du procès), a lui été relaxé.