Drame de Puisseguin: François Hollande promet «la vérité» sur l'accident

HOMMAGE Le Président de la République a rendu hommage ce mardi matin aux 43 victimes de l'accident entre un autocar et un camion vendredi dernier...

Mickaël Bosredon et Elsa Provenzano

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Discours de François Hollande en hommage aux victimes de l'accident de Puisseguin qui a fait 43 morts
Discours de François Hollande en hommage aux victimes de l'accident de Puisseguin qui a fait 43 morts — JEAN-PIERRE MULLER / POOL / AFP

Après avoir passé une demi-heure au chevet des familles des victimes, à Puisseguin (Gironde), le président de la République François Hollande s'est rendu ce mardi matin à Petit-Palais-et-Cornemps.

Arrivée de François Hollande à Puisseguin avant l'hommage national aux victimes, le 27 octobre 2015 - Préfecture Aquitaine

Cette petite commune située à quelques kilomètres de Puisseguin, a été particulièrement touchée, dans l'accident entre un car et un camion qui a coûté la vie à 43 personnes, vendredi 23 octobre.

Très émus, les maires des communes alentour (Petit-Palais, Lussac, Porchères...) ont pris la parole en premiers, à 11h, devant plus de 1.000 personnes réunies sous une tente aménagée spécialement pour l'événement à Petit-Palais. Le maire de Saint-Sauveur-de-Puynormand, a annoncé que « 17 victimes étaient membres du club du troisième âge » de sa commune, dont le président. « Une seule personne de ce groupe est rescapée. »

Le maire de Porchères, David Redon, dénombre lui « cinq morts » dans sa commune. « Dans nos secteurs ruraux les habitants se connaissent tous » a-t-il rappelé. « L'ensemble des habitants du Libournais est touché. » L'édile de Saint-Médard-de-Guizières, Mireille Conte-Jaubert, a estimé que sa commune est « confrontée au drame le plus important de son existence avec la perte de quatre de ses habitants. » « Certains étaient installés depuis peu mais s'étaient parfaitement intégrés déjà. »

« Des familles entières décimées dans la catastrophe »

François Hollande a pris la parole en dernier. « Nous sommes rassemblés pour dire ensemble notre compassion, notre solidarité, à l'égard des familles frappées par le malheur. » Il a indiqué que les 43 victimes étaient âgées entre trois ans et 83 ans. « Elles habitaient dans ces vignobles autour de Saint-Emilion, vous les connaissiez toutes » a-t-il dit à l'assemblée. « Elles étaient membres des mêmes clubs du troisième âge, aimaient les excursions, et notamment celle qu'elles préparaient dans le Béarn » ce vendredi 23 octobre. « Ils ont rencontré l'enfer. »

« Ils comptaient parmi les aînés du pays, les sages. Ils étaient respectés. Ils avaient connu une vie de labeur. Tous avaient fait leurs vies ici, souvent dans les métiers de la vigne. Tous avaient consacré du temps et de l'énergie à la collectivité. Ils étaient notre patrimoine. Personne ne peut ressentir la souffrance qui est la vôtre, je l'ai mesuré, surtout quand des familles entières ont été décimées dans la catastrophe. Personne n'est préparé à une telle épreuve. Et c'est le pays tout entier qui s'est trouvé bouleversé par cette catastrophe. »

« Tout sera fait pour analyser précisément les raisons de l'embrasement »

Le président a rendu hommage au chauffeur du car, qui dans un geste salutaire a ouvert les portes du véhicule, à l'automobiliste qui a brisé les vitres de l'autocar pour permettre à des victimes d'en réchapper, et au couple qui se situait dans le car et qui a réussi à s'extirper, mais qui est resté sur place pour essayer d'aider les autres personnes.

« L'enquête sera menée jusqu'au bout », a conclu le président de la République qui a promis « la vérité » dans cette affaire, « pour ne pas laisser la place libre aux rumeurs ou aux amertumes. C'est l'accident le plus meurtrier depuis l'accident de Beaune en 1982. La réglementation avait été changée, notamment sur les autocars, pour ralentir la combustion des véhicules en cas d'accident. Alors je peux vous assurer que tout sera fait pour analyser précisément les raisons de l'embrasement, et que toutes les normes, les réglementations, puissent être corrigées si c'est nécessaire. »

Il est allé saluer, entre autres, le chauffeur du car à la fin de son discours.