VIDEO. Accident en Gironde: Une tige métallique a percé un réservoir du camion, lors du choc

ENQUETE Le camion s'est déporté sur la voie de gauche, selon le procureur...

Elsa Provenzano

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Accident de Puisseguin: l'enlèvement des épaves débute
Accident de Puisseguin: l'enlèvement des épaves débute — Elodie Le Maou, MC AFPTV

On commence à en savoir un peu plus sur les circonstances de l’accident qui a fait 43 morts, vendredi, à Puisseguin, près de Saint-Emilion. Christophe Auger, le procureur de la République de Libourne a expliqué ce lundi soir lors d’une conférence de presse, qu’une pièce métallique, qui se trouvait dans le camion, aurait été projetée sur un des réservoirs du camion, le transperçant.

Cela aurait entraîné un « nébulisat », a précisé le colonel de gendarmerie Patrick Touron, directeur de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), soit une diffusion de gouttelettes de carburant, inflammables au contact d’une surface chaude. Un élément qui peut expliquer l’embrasement rapide après la collision avec le bus.

Le chauffeur du poids lourd a tenté de redresser sa trajectoire

Le procureur a également expliqué que l’enquête montrait que le camion s’était déporté sur la gauche alors que la voie est sinueuse à cet endroit de la D17. Les traces de freinage relevées sur les lieux laissent penser que le conducteur du poids lourd a tenté en vain de redresser sa trajectoire. La chaussée était humide, ce jour-là et il faisait encore nuit. Il est trop tôt pour savoir si la vitesse est en cause.

Le procureur a demandé l’avis de deux experts, qui se sont rendus sur les lieux lundi matin. L’un rattaché à la cour d’appel de Rouen est spécialisé en accidentologie et l’autre, rattaché à la cour d’appel de Bordeaux compétent en matière d’incendie.

Une information judiciaire ouverte en fin de semaine prochaine

Les opérations médico-légales sont terminées et l’identification des victimes devrait intervenir d’ici la fin de semaine prochaine. Une information judiciaire devrait être ouverte dans la foulée. Le procureur a précisé qu’à ce stade il n’y a « aucune appréciation sur des charges qui pèseraient sur quiconque ».

Des perquisitions ont eu lieu samedi et dimanche dans l’Eure, la Mayenne et la Gironde. Il s’agissait de récupérer des éléments concernant l’acquisition et la maintenance des véhicules accidentés et l’emploi du temps des chauffeurs. Les éléments ont été placés sous scellés.

Parmi les personnes blessées dans ce terrible accident, trois sont encore hospitalisées à l’hôpital Pellegrin mais le pronostic vital n’est engagé pour aucun d’entre eux. Tous les rescapés ont été entendus dans le cadre de l’enquête. « Il est trop tôt pour porter des jugements sur les déclarations du chauffeur de bus », a simplement commenté le procureur. On sait qu’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants au moment de l’accident.