Bernard Laporte: «Un bosseur mais un drôle qui aime rire, les copains et l’apéro», selon son fils

RUGBY En campagne pour la présidence de la FFR dans un an, l'actuel manageur du RC Toulon est raconté par ses proches...

Marc Nouaux
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       Bernard Laporte en chat chez 20 minutes, le 27 mai 2015.
Bernard Laporte en chat chez 20 minutes, le 27 mai 2015. — Charlotte Gonthier/20 minutes

Bernard Laporte est sur tous les fronts. L’ancien sélectionneur de l’équipe de France (1999-2007) est entré en campagne le 1er septembre pour accéder à la présidence de la fédération française de rugby (FFR) dont l’élection aura lieu dans un an. Manageur du RC Toulon jusqu’en juin 2016 et consultant vedette de TF1 lors de la Coupe du monde, l’ancien joueur de Bègles (1984-1993), veut « apporter de la démocratie à [son] sport avec des débats d’idées ».

En Gironde, où vit encore sa famille et bon nombre d’amis, Laporte a conservé un grand réseau et ses proches poussent à fond derrière sa candidature, à commencer par Baptiste, son fils. « Le rugby pro, il le connaît par cœur et c’est pour ça que les gens lui demandent d’aller plutôt à la ligue mais lui, il adore aller vers le rugby amateur. »

« Un passionnel, presque fusionnel avec le rugby »

« C’est un grand défi dans lequel je me lance », s’enthousiasme l’ancien secrétaire d’état aux sports. Très attaché au rugby amateur le manageur du RCT est, selon Claude Chabellard, ami de longue date et un des médecins des Barbarians, un « passionnel, presque fusionnel » avec son sport.

« C’est le genre de gars qui peut encore venir gueuler au bord du terrain d’un match amateur le dimanche », raconte son fils qui décrit son père comme « un drôle qui aime rire, qui aime les copains et l’apéro mais qui est un bosseur qui a de très bonnes méthodes de travail. S’il doit bosser en pleine nuit et passer un appel à 2 h du matin, il le fait. » « Quand il était entraîneur de l’équipe de France, il rentrait parfois le vendredi soir et venait jouer au touché avec les anciens d’Arcachon, ‘les Cayoks’se souvient Chabellard. Il engueulait même certains pour les replacer. Il aime trop le rugby pour le voir galvaudé. »

« Mes coups de gueule ? Qu’est ce que j’en ai à foutre ? »

Partout où il passe, Laporte laisse une empreinte, une image. Souvent pointé du doigt pour ses coups de gueule, il ne regrette rien. « Qu’est ce que j’en ai à foutre de ça ? Je ne vois pas en quoi ça me desservirait de trop l’ouvrir », répond-il.

« On médiatise beaucoup trop ses coups de gueule, le défend Claude Chabellard. Mais je ne l’ai jamais vu guetter une caméra ou un appareil photo. Son image, il s’en fout, il ne sait pas s’habiller, il est très spontané et quelques fois ça le dessert. Il n’aime pas trop la politique, d’ailleurs c’est plus la politique qui s’est servie de son image de sportif du sud-ouest de la France que le contraire. » Baptiste note néanmoins que « mine de rien, c’est un malin, il sait soigner son image même si certains coups de gueule, comme celui contre Cardona, l’an passé, n’ont rien de calculé ».

« Je n’ai qu’une vie, il faut que je fonce »

Si l’accès à la présidence de la FFR ne constitue pas pour lui un sommet – « J’ai touché l’excellence en étant secrétaire d’état aux sports, je ne peux pas aller plus haut. De toute façon, je ne fais pas ça pour moi. J’ai 51 ans, je n’ai qu’une vie, il faut que je fonce dans ce que je veux faire. » - Laporte en aura de toute façon bel et bien fini avec le terrain en juin prochain.

« C’est dommage car pour moi c’est le meilleur entraîneur français et je le verrais plutôt redevenir sélectionneur des Bleus », rêve Baptiste Laporte. « Sélectionneur, je l’ai été pendant huit ans, ça ne m’intéresse plus, lui répond son père. Je ne fais pas de réchauffé. » Après ce défi, qu’est ce qui pourra encore motiver cet homme qui ne s’arrête jamais ? « Il trouvera autre chose à faire, ne vous inquiétez pas pour lui, sourit son fils. Après la politique, il a eu une petite période de latence puis il a rebondi à Toulon. Quinze jours de vacances, ça suffit, après il tourne en rond. »

En attendant, il a un an pour convaincre le monde de son sport qu’il peut être la voie du renouveau. Et Claude Chabellard de conclure. « Dans son parcours, le voir finir président de la FFR c’est tellement logique. »