Bègles: Quelque 11 logements collectifs isolés avec de la paille sortent de terre

HABITAT Les habitations ont été conçues selon les besoins des futurs occupants...

Elsa Provenzano

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A Bègles le 6 octobre 2015, visite du chantier de construction de onze logements à base de paille pour l'isolation. Lancer le diaporama
A Bègles le 6 octobre 2015, visite du chantier de construction de onze logements à base de paille pour l'isolation. — E.Provenzano / 20 Minutes

Si dans l’histoire des trois petits cochons, la fragile maison en paille est la première à s’écrouler sous les assauts du loup, les onze logements en construction à Bègles et isolés avec de la paille ont un bel avenir devant eux.

Cet ensemble installé sur le périmètre de l’opération Euratlantique sera livré au début de l’année 2016 et proposera deux logements locatifs, et neuf en accession sociale à la propriété dont sept en prêt social location-accession (PSLA). Il devrait marquer le début d’une vague de construction de logements écologiques et participatifs sur la métropole Bordelaise. L’ADEME Aquitaine a soutenu le projet en finançant les études de départ à hauteur de plus de 80.000 euros.

« On fait du sur-mesure au prix du prêt à porter »

La recherche des habitants volontaires pour ce projet a été engagée en juillet 2012 et les travaux ont démarré au début de l’année 2015. Les performances énergétiques sont au-delà du Bâtiment Basse Consommation (BBC) et pas très loin du passif, même s’il n’y a pas eu de démarche de labellisation. La paille, qui fait l’objet d’une réglementation et de contrôles, est compactée et offre notamment un confort d’été amélioré aux occupants

A dessein, une mixité de statuts et d’âges a été recherchée et les logements ont été conçus en fonction des besoins des futurs occupants. Les logements sont proposés à 2.450 euros le m2 tout compris quand le prix moyen sur la métropole est de 3600 euros. « On fait du sur-mesure au prix du prêt à porter », souligne Loris de Zorzi, directeur général d’Axanis, coopérative immobilière filiale du bailleur social Aquitanis, qui est maître d’ouvrage sur ce projet baptisé « La Ruche ». « Les fonds publics se réduisent et il faut trouver d’autres moyens pour construire à des prix abordables », ajoute-t-il.

« On n’habite pas ensemble mais on dispose d’espaces mutualisés »

Noëlle Ribot, sexagénaire, fait partie des futurs habitants et ne se lasse pas de visiter son futur appartement de 81 m2, soulignant qu’elle a participé à réaliser le torchis des murs. « Je n’avais pas de raisons matérielles de déménager. Je suis propriétaire d’un bien à Bordeaux, avec un jardin. Mais je m’intéressais à la question de l’habitat participatif comme porte-parole du collectif associatif Bordeaux Sud et finalement cela m’a intéressé personnellement » explique-t-elle.

Elle a choisi un appartement en rez-de-chaussée, notamment pour accueillir son petit-fils handicapé. « Ce sont des appartements privés, on n’habite pas ensemble mais on dispose d’espaces mutualisés, comme le jardin, la terrasse, la salle de réunion, la buanderie et le potager ».

Axianis a déjà en route un autre projet à Bègles, deux sur Mérignac et un autre sur Floirac. La société a été sollicitée par d’autres élus de la métropole et s’attend à ce que de tels logements représentent rapidement 10 % de son activité.

« C’est un prototype et notre ambition est de proposer 10 à 20 logements de ce type par an sur la métropole », souligne Loris de Zorzi.