Gironde: L'Etat et le département font appel suite à l'annulation de la déviation du Taillan-Médoc

JUSTICE Ce projet de grand contournement routier au nord-ouest de Bordeaux avait été annulé suite au recours de plusieurs associations environnementales...

Mickaël Bosredon

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L'objectif de la déviation est de désaturer le centre du Taillan-Médoc
L'objectif de la déviation est de désaturer le centre du Taillan-Médoc — S.ORTOLA/20MINUTES

Les élus locaux ont été entendus. Fin août, les élus du Taillan, du Pian-Médoc de Saint-Aubin et d'Arsac avaient manifesté suite à la décision du tribunal administratif de Bordeaux, le 30 juillet, d'annuler le projet de contournement routier au Taillan-Médoc. Ils demandaient que le département fasse appel de cette décision. C'est chose faite, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué, l'Etat, « en la personne de la ministre de l'Ecologie », précise le texte, se joignant à cet appel.

Les trois associations environnementales, France Nature Environnement, la Sepanso Aquitaine et la LPO Aquitaine, qui avaient déposé un recours contre ce projet, apprécieront... Pour elles, le tracé retenu est « le pire que l'on pouvait imaginer » puisqu'elles ont recensé pas moins de 80 espèces animales différentes vivant dans le secteur, et dont l'habitat serait mis en danger. Ce projet « détruira ou perturbera gravement des espèces protégées: trois espèces de papillons, neuf d’amphibiens, sept de reptiles, 36 d’oiseaux et 23 de mammifères (dont le vison, la loutre et 19 espèces de chiroptères) » détaille la Sepanso Gironde. Le conseil général ne l'entend pas de cette oreille, estimant avoir suffisamment investi pour sauvegarder cet habitat.

Une demande de sursis à exécution pour lancer les travaux

Ce projet de déviation est en débat depuis plusieurs années. L'objectif est de désenclaver l'artère principale du Taillan-Médoc, porte d'entrée de l'agglomération bordelaise pour tout le Médoc. Il permettra de « réduire le trafic de transit dans la traversée du Taillan (20.000 véhicules/jour) et notamment le trafic des poids-lourds (1.300/jour) » souligne le conseil général.

L'Etat et le département demandent un sursis à exécution, « pour permettre le lancement des travaux. » Le projet porte sur environ huit kilomètres, et est estimé à une trentaine de millions d'euros.