Bordeaux: La voiture de demain a rendez-vous au salon des transports intelligents

MOBILITE Le congrès mondial des transports intelligents se tient du 5 au 9 octobre à Bordeaux, où plusieurs prototypes de voitures autonomes seront présentés...

Mickaël Bosredon

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Le prototype de voiture autonome Link in city de la société Akka technologies Lancer le diaporama
Le prototype de voiture autonome Link in city de la société Akka technologies — M.Bosredon/20MInutes

Connecter les différents modes de transport entre eux pour plus de sécurité dans un respect de l’environnement : tels sont les défis que le congrès mondial des transports intelligents (ITS) va tenter de relever. Organisé pour la première fois à Bordeaux à partir de lundi et jusqu’au 9 octobre, ce congrès international va réunir 3.500 congressistes du monde entier.

La voiture autonome sera la star du salon. Pour la première fois en France, plusieurs prototypes seront autorisés à circuler ensemble dans le flux de circulation. PSA fera ainsi rouler une C4 Picasso autonome de Paris à Bordeaux pour l’ouverture du salon. La société Akka Technologies, qui possède plusieurs antennes en France dont une à Mérignac et une autre à Toulouse, présentera son prototype, intitulé Link in city, en circuit ouvert. « C’est une évolution de notre prototype Link and go, que nous avions lancé en 2012 en partenariat avec le conseil général des Yvelines, explique Domitille Chatelain, responsable de la communication chez Akka. Link and city, développé avec le conseil régional d’Aquitaine, va plus loin en termes de services et de connectivité à l’intérieur de la voiture. »

« Nous ne négocions pas avec la sécurité »

L’institut de transition énergétique Vedecom, composé d’une quarantaine de membres dont des industriels (PSA, Renault, Valeo…) et des instituts de recherche, fera également une démonstration en circuit ouvert de son projet. « Nous avons fusionné dans cette voiture toutes les technologies sur lesquelles nous travaillons, et c’est la première fois qu’elle sera présentée », explique Frédéric Mathis, directeur du programme « véhicules » chez Vedecom. « Ce sera vraiment l’image de la voiture de demain. »

Surfer sur Internet, participer à une visioconférence, acheter des billets pour un spectacle… Tels sont les services qui seront proposés au conducteur lorsque la voiture sera en mode autonome. « Des services qui ne seront pas disponibles lorsqu’il est en mode conduite. Nous ne négocions pas avec la sécurité. » Le prototype Link in city d’Akka pourra, lui, projeter dans l’habitacle des images en 3D des points d’intérêts de la ville.

« On n’imagine pas que le véhicule autonome pourra circuler partout d’ici à 2020 »

Reste la question du prix. « Ce sont les constructeurs qui en décideront, estime Frédéric Mathis, mais notre rôle est bien de massifier ces technologies pour ne pas créer des ovnis. Par ailleurs, nous sommes en interaction avec les ministères de l’Industrie et de l’Intérieur pour définir les conditions d’utilisation. On n’imagine pas que d’ici à 2020 le véhicule autonome pourra circuler partout, ce sera progressif. »

L’université de technologie Belfort-Montbéliard fera de son côté une démonstration de synchronisation de trois véhicules autonomes à une intersection, sur un parcours fermé en forme de huit.

Installés aux feux, des boitiers envoient des conseils aux conducteurs

L’avenir n’est pas dédié qu’au véhicule intelligent, mais aussi à la route intelligente. Le projet européen Compass 4D, testé dans six villes européennes dont Bordeaux sera présenté dans ce cadre. « Il s’agit de boitiers installés aux feux tricolores, qui envoient des informations et des conseils directement dans la voiture » explique Alexandre Tranchant, responsable d’études chez Cerema (Centre d’études sur la mobilité). Ils peuvent ainsi conseiller au conducteur de ralentir à l’approche d’un feu vert car il va passer au rouge, ou au contraire de maintenir sa vitesse (autorisée) car le feu rouge va passer au vert. Les équipements ont déjà été installés sur treize feux dans l’agglomération, et une vingtaine de véhicules sont équipés pour recevoir ces informations, notamment certaines de la mairie et de Bordeaux Métropole.

Quelque 10.000 personnes sont attendues en tout au salon, qui sera ouvert au public jeudi 8 octobre.