Bordeaux: Une start up reconnecte le jouet en bois à son époque

INNOVATION Créée il y a deux ans, Marbotic propose un concept pour enfants original, en faisant interagir des objets en bois avec des applications pour tablette tactile...

Mickaël Bosredon

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Marie Mérouze, fondatrice de la start up Marbotic, et son équipe
Marie Mérouze, fondatrice de la start up Marbotic, et son équipe — M.Bosredon/20Minutes

A première vue, les coffrets commercialisés par Marbotic n’ont rien d’originaux. Les lettres de l’alphabet et des chiffres en bois, on en trouve un peu partout. « C’est un peu la difficulté de notre concept, concède Marie Mérouze, fondatrice de Marbotic, start up créée il y a deux ans à Bègles : il faut vraiment entrer dans le projet pour en comprendre la puissance. »

Equipés de conducteurs glissés sur la face arrière de l’objet, ces chiffres et ces lettres interagissent avec une série d’applications pour tablettes IPad. L’enfant peut ainsi s’amuser avec les objets, une notion indispensable pour l’apprentissage de la motricité, mais aussi les poser sur la tablette, pour entrer dans un univers numérique dans lequel de nombreuses fonctionnalités sont proposées, à travers les applications « Alphamonstre », « Vocabulle » ou encore « Mes mots », gratuites lorsqu’on achète les coffrets bois.

Découvrez en vidéo l’univers des jeux interactifs Marbotic :

« J’ai tout de suite compris que la tablette serait une puissante machine d’apprentissage »

Dans un environnement simple, coloré et amusant, qui s’appuie sur la pédagogie alternative Montessori et conçu avec l’aide d’enseignants de maternelle, l’enfant découvre des mots à partir de la lettre qu’il a connectée, il apprend à la prononcer et voit des images.

« Lorsque les tablettes sont apparues sur le marché, j’ai tout de suite compris que ce serait une puissante machine d’apprentissage » explique Marie Mérouze, ingénieure de formation, et qui a passé sept ans dans la pédagogie numérique, au sein de Maxicours, site de soutien scolaire en ligne. Elle installe sa start up à la Cité numérique de Bègles début 2013, et lance son premier jeu, « Smart Numbers », en 2014. Après deux levées de fonds de 150.000 euros puis de 250.000 euros, une dotation de 70.000 euros pour avoir remporté un concours de la région Aquitaine, Marbotic commence à intéresser les géants du marché.

La start up vise les marchés européen et américain

« Lors d’un salon j’ai rencontré Hape, leader mondial du jouet en bois, qui est entré à hauteur de 10 % dans notre capital. » Ce partenariat permet surtout à Marbotic de bénéficier des usines de fabrication d’Hape en Chine. « Nous avons tenté de nous tourner vers la fabrication française, mais c’est deux fois plus cher », regrette la Bordelaise, qui se dit désormais prête à faire monter sa production en puissance lorsque le marché des objets connectés « va vraiment décoller. »

Marbotic a par ailleurs lancé jeudi une souscription sur la plateforme Kickstarter pour le lancement de son deuxième jouet, « Smart Letters. » « En une journée, nous avons déjà récolté 70 % des 7.777 euros à réunir en un mois » s’enthousiasme Marie Mérouze.

Commercialisé à 49 euros, « Smart Letters » vise les marchés européen et américain. « Nous ne pourrons pas vivre uniquement sur le marché français si l’on veut atteindre l’équilibre d’ici à 2016. » « Smart Letters » et « Smart Numbers » sont d’ailleurs proposés en quatre langues, et bientôt une cinquième (le Néerlendais.) Définitivement, ces jouets sont un peu plus que de simples objets en bois.