Une jeune Bordelaise crée de jolis bas de contention pour donner le sourire aux malades

SANTE Victime d'un accident vasculaire cérébrale à 18 ans, elle vient de créer l'association Mikado qui a décroché des contrats avec les hôpitaux de Bordeaux et Paris...

Elsa Provenzano

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Marion Larat a créé l'association Mikado. Lancer le diaporama
Marion Larat a créé l'association Mikado. — Association Mikado

Marion Larat a dû porter des bas de contention pendant trois mois et c’est un souvenir très douloureux pour cette jeune bordelaise, âgée de 28 ans. Elle a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2006, à 18 ans, qui est attribué à la prise d’un contraceptif de 3e génération, la pilule Méliane.

C’est la première française à avoir porté plainte contre le laboratoire Bayer en novembre 2012. Elle vient de créer l’association Mikado à Bordeaux, qui propose des bas sérigraphiés aux malades qui le souhaitent.

« Les bas, ça a été le pompon »

La jeune femme a eu l’idée de créer des bas esthétiques et colorés alors qu’elle était hospitalisée après un AVC qui l’a conduite dans le coma et dont elle s’est réveillée hémiplégique et aphasique. « Ces bas m’ont tellement saoulé. Ce n’était pas très important mais cela a été vraiment difficile en termes d’estime de soi. Je me souviens que je me suis écroulée d’un coup. C’était le ponpon… », raconte Marion Larat.

A sa sortie d’hôpital sa vie n’est plus la même. Handicapée à 65 %, victime de crise d’épilepsie, elle ne peut plus reprendre son cursus de formation, alors qu’elle devait intégrer une école de commerce. Elle ne baisse pas les bras et rejoint un peu plus tard l’institut de service civique qui va l’aider à mener à bien son projet sur lequel elle travaille depuis 2012.

Les bas décorés ne coûtent rien aux patients

Une dizaine de modèles de bas sont disponibles, ils sont proposés aux patients dans les hôpitaux de Paris qui ont commandé 700 paires et ceux de Bordeaux qui en attendent 500. Les patients intéressés n’auront rien à débourser. Le coût des bas, 5 euros la paire, étant pris en charge par la structure hospitalière. « C’est très dur quand on est à l’hôpital et même si je sais bien que cela ne va en rien guérir les malades, cela peut leur apporter le sourire », souligne Marion Larat.

Son copain, Charles Badi, grapheur amateur, s’occupe pour l’instant de la sérigraphie et elle espère pouvoir faire travailler une ou deux personnes handicapées, qu’elle estime « recluses de la société » si le projet de l’association, installée depuis peu aux Aubiers, fonctionne bien.

Elle réfléchit à faire quelque chose autour de la Journée de l’AVC, le 29 octobre. « On ne réalise pas que cela peut arriver à une jeune fille », s’indigne-t-elle.