Le laser le plus puissant du monde installé à Bordeaux

SCIENCES Il va entre autres permettre de faire des recherches en astrophysique et dans le domaine de la santé...

Elsa Provenzano

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Le laser PETAL au sein de l'installation laser Mégajoule au Barp. Lancer le diaporama
Le laser PETAL au sein de l'installation laser Mégajoule au Barp. — CEA

Les chiffres donnent le vertige. Le 29 mai dernier, le laser PETAL, pour PETawatt Aquitaine Laser, a atteint 1,2 petawatt, soit 1,2 million de milliards de Watt, ce qui en a fait le faisceau laser le plus puissant du monde. Cet instrument de recherche de pointe est installé au sein du laser Mégajoule, qui permet notamment de simuler des essais nucléaires.

Il est le fruit de dix ans de travail mené par des dizaines de personnes très qualifiées, ingénieurs de haut rang, physiciens et astrophysiciens.

Des applications uniquement civiles

« Le laser PETAL permet de déposer beaucoup d’énergie sur une toute petite matière en un délai très court. Cela permet d’étudier les conditions extrêmes de la matière, on parle de dizaine de millions de degrés, c’est-à-dire l’état de la matière au cœur des étoiles par exemple », explique Jean Lajzerowicz, chargé de communication auprès de Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le maître d’œuvre, à l’origine de la construction de cet appareil très sophistiqué. Si le laser Mégajoule comporte un volet militaire en étudiant ce qui se passe au cœur des bombes atomiques, le laser PETAL ne concerne que des applications civiles.

Il va intéresser des équipes internationales qui travaillent sur les planètes et qui auront la possibilité de reproduire des températures et des pressions extrêmes qui ont cours sur certaines. Il pourrait aussi se révéler utile pour tester des techniques permettant d’ici quelques dizaines d’années, de détruire des tumeurs. « C’est aussi un premier pas vers la fusion nucléaire puisqu’on sait que sans doute, dans les centrales d’après-demain la fusion sera utilisée », estime Jean Lajzerowicz.

Première expérience dans un an

Si les performances en termes de puissance sont acquises il reste du travail aux scientifiques pour focaliser et synchroniser le laser PETAL qui devrait permettre une première expérience dans un an. Il faut préciser que le laser PETAL et le laser mégajoule sont couplés et que des campagnes d'expériences sont déjà programmées sur ce dernier. Mais un an, c’est un délai très court en science…

En attendant, l'inauguration officielle aura lieu ce vendredi en présence du président de la Région, qui assure la maîtrise d’ouvrage du projet et participe à hauteur de presque 23 millions d’euros sur les 54,3 millions investis. L'Etat et l'Union Européenne participent également au financement.