Aquitaine: Les 15-29 ans touchés par d'importantes mobilités professionnelles

EMPLOI L'Insee vient de dévoiler ses derniers chiffres sur les changements professionnels...

Mélissa Pollet-Villard

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Illustration d'un jeune boulanger en plein travail.
Illustration d'un jeune boulanger en plein travail. — Pierre Verdy / AFP

La jeunesse d’Aquitaine bouge, mais pour quelles raisons ? Un rapport de l’Insee de septembre 2015 affirme qu’un Aquitain sur cinq aurait eu affaire à des mobilités professionnelles sur une durée d’un an. Si d’octobre 2011 à octobre 2012, 1,1 million de personnes a changé de famille professionnelle, 176 000 d’entre eux sont des jeunes de 15 à 29 ans. Le chiffre parle de lui-même, le taux de mobilité chez les jeunes est de 28 %, contre 17 % pour les 30-44 ans et 14 % pour les plus de 45 ans.

Il est important de souligner que les trois secteurs les plus ciblés par les jeunes actifs sont le domaine de l’hôtellerie, de la restauration et de l’alimentation, celui du commerce et enfin, le BTP. La plupart du temps, les postes pourvus sont peu qualifiés et peuvent correspondre à des débuts de carrière.

44 % des jeunes évoluent sur des postes plus importants

Par exemple, entre 2011 et 2012, 900 jeunes travaillant dans le BTP ont évolué, partant d’un emploi non qualifié à un emploi qualifié voisin. Sur la totalité des jeunes salariés aquitains, 44 % d’entre eux ont évolué sur des postes plus importants. A noter également que six fois sur dix, les jeunes quittent leur entreprise pour une autre.

Premier emploi non qualifié, pas ou peu d’ascension, mobilité ascendante à la sortie, ces données laissent à penser que les jeunes commencent leurs carrières à des postes non qualifiés pour ensuite se tourner vers une réorientation s’alignant sur les critères de leur formation ou de leurs affinités.

Des emplois « temporaires » qui durent par défaut

Pauline, vendeuse dans une boutique de décoration, confirme la tendance. Diplômée d’un master en commerce international à l’Inseec de Bordeaux, elle cherche un emploi de chargée de mission ou de production de circuit touristique : « Après mon stage de fin d’études, j’ai trouvé un poste de vendeuse en me disant que ce serait temporaire. Cela fait maintenant deux ans que je suis dans l’entreprise. Le marché du tourisme est un domaine assez bouché et je peine à trouver un emploi correspondant à ma formation », avoue-t-elle.

En revanche, des jeunes salariés tels que les artisans (bouchers, charcutiers ou boulangers) sont nombreux à rejoindre la grande distribution (53 %), même si peu d’entre eux parviennent à élargir leur domaine de qualification (17 %).