Bordeaux: Manifestation de Sahraouis employés illégalement par des Châteaux

SOCIAL Ils se sont mobilisés pour dénoncer leur emploi illégal, sans contrat de travail, ni fiches de paie...

E.P. avec AFP

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Illustration de vignes dans le Bordelais - Photo : Sebastien Ortola
Illustration de vignes dans le Bordelais - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Ils ont décidé de se mobiliser ce mercredi pour faire connaître leur situation. Une vingtaine de travailleurs d’origine saharaouie se sont rassemblés dans l’après-midi devant une entreprise girondine qui fournit des saisonniers aux viticulteurs du Bordelais, pour dénoncer leur emploi illégal, sans contrat de travail, ni fiches de paie, a expliqué la CGT.

Seulement cinq Sahraouis disposent d’un contrat de travail

Sur vingt-deux travailleurs, venus du Sahara occidental, engagés depuis plusieurs mois par l’entreprise Karagri, basée à La Réole, seulement cinq bénéficient d’un contrat de travail en bonne et due forme et de fiches de paie réglementaires, a expliqué Francis Faye, de l’Union départementale de la CGT, à l’origine du rassemblement qui a mobilisé au total une trentaine de personnes. Pour les autres, « ils n’ont pas de contrat de travail et n’ont pas été payés, ou pas légalement », a indiqué Francis Faye.

Une enquête bientôt ouverte

Le parquet de Bordeaux a confirmé à l’AFP avoir reçu un signalement pour des faits de « travail dissimulé » et indiqué l’ouverture prochaine d’une enquête « après collecte de renseignements complémentaires ». Selon le parquet, au vu des premiers éléments recueillis, « au moins trois salariés sont concernés ».

« Il s’agit de faire pression sur l’employeur pour que la situation de ces gens-là soit régularisée pour le bien de tout le monde », a indiqué Francis Faye, ajoutant que plusieurs de ces saisonniers, faute de contrat de travail et de fiche de paie, vivaient dans un squat sous un pont à Bordeaux.

Parmi les châteaux bénéficiaires de cette main-d’œuvre, la CGT a identifié Château Magence, un domaine en appellation graves, situé à 50 km de Bordeaux, ainsi que Château Smith Haut Lafite, un grand cru classé Pessac-Léognan. « Il est du devoir de ces châteaux de s’assurer de la régularité de l’entreprise qui leur fournit des travailleurs », a souligné le syndicaliste.

Contacté par l’AFP, le patron de Karagri, Mohammed Karam, n’a pas donné suite.