2007, grand cru classé pour Bordeaux

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Bordeaux en état de grâce. La capitale girondine a été inscrite hier au patrimoine mondial de l'Unesco. Le dossier bordelais était la seule candidature présentée par la France cette année. La zone classée couvre un périmètre de plus de 1 810 ha, soit près de la moitié de la ville, auquel s'ajoutent 3 725 ha de zone tampon, à cheval sur huit communes de l'agglomération.

La nouvelle n'a pas vraiment surpris la municipalité, qui ne doutait pas du potentiel bordelais. « C'est le résultat d'un long combat, entamé en 2000 avec la rénovation des quais », a rappelé hier le maire UMP, Alain Juppé. Pour François Gondran, architecte des bâtiments de France au service départemental de l'architecture et du patrimoine (Sdap) de la Gironde, « ce classement est une forme de reconnaissance internationale de la beauté de Bordeaux et de la richesse de son histoire ». Cette distinction, qui renforce l'attractivité de la ville, aura « un impact majeur sur l'image de Bordeaux », se réjouit Alain Juppé. L'Unesco n'apporte aucun financement, mais « le classement devrait inciter les mécènes à investir dans la mise en valeur du patrimoine bordelais », observe l'architecte. « Et la hausse de la fréquentation touristique pourrait atteindre 20 à 30 % », selon l'office de tourisme de Bordeaux. Cet « effet Unesco » s'est notamment fait sentir dans la ville de Saint-Emilion, classée en 1999.

Mais le triomphe a ses contraintes. La Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim) de la Gironde s'attend à « une dynamisation du marché immobilier et sans doute une hausse des prix ». « On a notamment constaté une hausse de 5 % du nombre d'achats au Havre, ville classée en 2005 », indique la fédération. Enfin, le niveau d'exigence en matière de construction et de restauration d'immeubles anciens devrait augmenter. L'architecte des Bâtiments de France y voit « un processus vertueux » : « Les professionnels comme les propriétaires devront se montrer dignes d'un tel label », se réjouit-il.