Girondins: Sagnol répond à ses joueurs qui éprouvent de la fatigue avec la Ligue Europa

FOOTBALL L’entraîneur girondin recadre gentiment sa jeune génération tout en lui trouvant des circonstances atténuantes…

Marc Nouaux

— 

Willy sagnol en compagnie d'Eric Bédouet, son préparateur physique, observe ses joueurs lors d'un entraînement au Haillan, le 17 août 2015.
Willy sagnol en compagnie d'Eric Bédouet, son préparateur physique, observe ses joueurs lors d'un entraînement au Haillan, le 17 août 2015. — Marcmpv Nouaux / 20 minutes

« Il faut leur dire que l’on n’est pas des robots. » La phrase d’Henri Saivet, après la courte victoire (1-0) de son équipe face au Kairat Almaty, jeudi soir, n’a pas l’air d’avoir plu à son entraîneur, Willy Sagnol. Présent en conférence de presse d’avant Lille-Bordeaux, le coach girondin a tenu à rappeler à ses joueurs qu’ils devaient se faire violence.

« On a fait cinq matchs officiels, si les joueurs sont fatigués au bout de cinq matchs, je ne sais pas dans quel état on va les retrouver s’ils doivent jouer 50 matchs dans l’année. Ce n’est pas parce que l’on est fatigué que l’on n’est pas en mesure de disputer un match de haut niveau. Beaucoup part de la tête. » Cette petite pique était sans doute destinée à ses jeunes garçons (seuls deux joueurs avaient plus de 25 ans sur le terrain jeudi).

« Almaty, pas une équipe de bras cassés »

« Certains ne sont pas habitués à enchaîner les matchs, cela ne s’est jamais passé dans leur jeune carrière donc c’est normal de ressentir de la fatigue mais c’est de la bonne fatigue, insiste Sagnol. Au moins, s’ils sont fatigués, je sais qu’après les entraînements, ils rentreront à leur maison pour bien récupérer, bien s’hydrater et bien manger. »

Et si le coach bordelais n’était pas forcément d’accord avec ses joueurs, il ne s’est pas non plus désolidarisé d’eux au sujet du public, qui s’est montré plutôt impatient jeudi soir.

« Le public est tout à fait en droit d’exprimer ce qu’il a envie d’exprimer mais ce n’est pas parce que c’est Almaty en face qu’il faut attendre un score fleuve. C’est une équipe qui a battu l’Etoile Rouge de Belgrade et Aberdeen, ce n’est pas une équipe de bras cassés. On a vu Monaco à Valence qui a été en difficultés, Saint-Etienne en Moldavie, ce n’était pas évident non plus. Dortmund mené 3-1 qui a finalement gagné 4-3... la Coupe d’Europe, ce n’est jamais facile. Je comprends qu’un public ait envie de voir autre chose, c’est normal. On est en droit d’attendre ce dont pourquoi on est venu. »

« Ce serait mal vu si je sifflais mes joueurs »

Finalement, Sagnol a ressenti la même chose que les supporteurs mais son statut d’entraîneur l’empêche forcément de l’exprimer de la même manière. « Moi, ce serait mal vu si je sifflais mes joueurs [Rires]. L’ambition c’est aussi une chose qui s’apprend. Je n’ai pas voulu faire de calcul mais je ne sais pas combien de matchs de Coupe d’Europe dans les jambes on avait. »

Ce manque d’expérience, conséquence de l’absence des cadres (Carrasso, Sané, Plasil ou Chantôme absents ont tous joué en Ligue des champions dans leur carrière), pourrait être cruel au moment d’aborder un match retour traquenard au Kazakhstan, dans moins d’une semaine. Surtout que lors des dix prochains jours, les Girondins vont devoir encore se déplacer deux fois (Lille et au Kazakhstan) avant de recevoir Nantes pour clôturer une entrée en matière très dense (huit matchs en 31 jours). Il sera encore temps de débattre au sujet du sens du mot fatigue.